vendredi 27 février 2009

De tout et de rien

- Rencontré un mec au gym. Il refusait de me parler en français même s'il me posait des questions et, plus tard, il m'a parlé dans un français impeccable. 'fait chier. Je fais la même chose aux anglais à Montréal (si je commence à avoir de l'empathie pour des anglo-montréalais, j'me tire une balle dans tête. Sérieux. J'ai de l'auto-analyse à faire).


- Ce même mec aujourd'hui m'a salué et il m'a expliqué qu'il est en réhabilitation après sa tuberculose.


...je demande aux québécois qui savent juste que la tuberculose est HYPER-virulente mais qu'elle est largement isolée dans des prisons russes et l'afrique sidatique : quossé qu'vous feriez vous??! (Je n'ai rien pu faire, mais s'il y avait du savon din salles de bain, j'y serais allé en *pwing*).


- Samia m'a emmené à une boulangerie ce soir. J'ai vu du pain multi-grains pour la première fois depuis mon arrivée. J'avais une larme à l'oeil.


- Hier, nous avons mangé à un joli resto algérois pas trop loin de chez moi (mais, puisqu'on monte vers El Mouradia, ce n'est pas dégueu-populaire). J'ai commandé le couscous. Sam m'a expliqué JUSTE avant que je prenne ma première bouchée qu'elle n'aime pas manger le couscous dans un resto, car a) c'est un plat commun qu'on mange souvent à la maison et b) c'est un plat qui, pour le préparer, exige beaucoup de manipulation. Avec les mains (oui les étudiants du français, je sais que c'est une redondance). Les mêmes mains qui servent à torcher les fessiers déféquants dans des salles de bains sans savon.


...j'ai réussi à tout gober mon énorme plat. 'faut croire que j'ai oublié les conceptions américaines d'hygiène.


- En face du resto, il y avait un édifice avec une bannière annonçant quelque chose (je ne me souviens pas des trois mots en arabe). J'ai demandé à Sam ce que ça signifiait d'une manière parfaitement banale.


...les trois mots forment l'acronyme «HAMAS», ironiquement, «regroupement pour la paix» en arabe (bon, il y a un mot manquant, mais c'est essentiellement ça). Oui, un des partis politiques algériens est affilié aux malades-mentaux à Ghaza qui lancent des roquettes à partir d'écoles et d'hôpitaux et qui exécutent ou qui tirent dans les genoux des membres de Fatah après les attaques israéliennes de janvier afin de consolider le pouvoir dans leur petite bande de terre. ET certains ministres appartiennent à ce parti ici (dont celui où je viens de passer six semaines).


Toute une révélation pour un Canadien.

jeudi 26 février 2009

Le sabot algérien

Hier soir, j'ai rencontré les parents à Samia pour la première fois.

Sam voulait arrêter de mentir lorsqu'elle venait chez moi. Sa maman a été mise à l'affût de mon existence au préalable et, au moment propice, le papa a été avisé.

Il faut comprendre qu'en Algérie, il y a des forces universelles qui mènent à des situations assez loufoques. La rencontre avec les parents (chez les familles plus conservatrices - habituellement de bas niveau social) se fait lorsqu'on est prêt à demander la main de la fille. Avant cet événement, la fille qui se fait voir avec un mec est qualifiée de «pute» et se fera traiter de manière peu charitable par les hommes à qui elle appartient (pas seulement les membres mâles de sa famille. La communauté a un énorme rôle à jouer alors elle se doit de ne pas être vue dans une situation embarassante dans son quartier). Bref, la logique sous-jacente aux yeux d'un Canadien cartésien, c'est qu'on veut qu'elle prenne le premier venu et qu'elle le présente.

...bien entendu, ça ne se passe pas comme ça.

J'ai appris peu de temps après mon arrivée que le jeu national algérien est le contournement créatif des règles. On impose des lois draconiennes, mais il est convenu que tant qu'on est discret, on peut tout faire.

N'en demeure que, comme dans bien des pays (dont des pays «occidentaux» - je nommerais un qui réside tout juste au sud de ma terre natale), la virginité féminine est prisée au-delà de toute autre caractéristique. Ça a comme avantage de valoriser la consommation adolescente de Vaseline (et ça m'étonne profondément qu'on ne puisse pas trouver des lubrifiants personnels compatibles avec des condoms dans ce pays, même si les préservatifs se vendent partout) et d'élargir (jeu de mots. Dilatation. Genre) l'éventail des éventuelles pratiques sexuelles des couples légitimisés par l'état. Ça explique aussi les divans bien coussinés prisés par la gente féminine célibataire.

M'entéka.

Samia a tenté tant bien que mal d'expliquer à son papa que je suis CANADIEN, et donc qu'il n'y a ni fiançailles, ni mariage imminents. Ça a plus ou moins bien fonctionné, mais heureusement qu'elle vient d'une famille (bien que papa a 72 ans et est devenu pratiquant de la religion du coin) relativement progressiste.

Voici les grandes lignes de la soirée :

- On m'a accueilli gentiment et on a servi du thé et des gâteaux et on m'a demandé ce que je faisais comme travail alors ça a déclenché une discussion sur le fonctionnement de l'état algérien qui a duré une heure.

- Le frère de Samia (qui a servi de bouclier conversationnel) a quitté. La conversation plaisante a continué un bout.

- Lorsqu'il se faisait tard (et que Samia devait quitter pour une soirée organisée pour son boulot), la maman a dit qu'elle avait des questions sur mes «intentions». J'ai expliqué ma position.

- Le papa m'a expliqué que c'est normal qu'un couple veuille explorer la relation avant de prendre un engagement formel (positif!).

- Le papa m'a expliqué que sa première crainte était que Sam cherchait à se servir de moi pour ma citoyenneté (positif dans le sens que sa première crainte n'était pas que je me servais d'elle comme poupée de soulagement physique).

- Le papa m'a expliqué que Samia est bien plus jeune que moi. Que c'est ma responsabilité de brider ses folies. Ça a pris quelques minutes avant que je ne comprenne (et je n'ai jamais vraiment compris avant que Sam ne m'eut confirmé) qu'il faisait référence au cul. Que JE devais imposer la chasteté dans le couple, car Sam est encore trop naïve (pas positif ni négatif, mais PARFAITEMENT hilarant). Vraiment, les algériens me sont complètement étranges.

- Le papa m'a expliqué que je devrais aller voir un imam lors de mon retour à Montréal. Je croyais qu'il faisait référence au mariage et ça m'a pris quelques minutes (oui, je suis lent dans la tête) qu'on avait changé de sujet, que le mariage est secondaire, mais qu'il voulait me convertir. Chers lecteurs, je suis la personne la plus athée de la planète. Je n'avais AUCUNE idée quoi répliquer.

Alors, le papa à Samia m'a remis son Coran et nous sommes allés regarder le match du Champions League entre Liverpool (commandité par Carlsberg, donc bonne opportunité pour organiser une soirée) et Real Madrid. J'ai calé quatre bières et je me suis demandé quelles sont les conséquences à la soirée et si j'ai fait bonne impression.

Ce matin, après la salle de sports, je suis allé faire mes courses. En sortant de la superette, j'ai constaté qu'on a posé un sabot sur ma voiture. J'étais stationné du mauvais côté de la rue (ça fait presque trois mois que je vais à cette superette sans prêter attention aux côtés de rue et il y avait plein d'autres voitures de mon côté qui ont également été sabotés). J'ai donc dû me rendre au bureau de poste (oui les Canadiens. Au bureau de poste. J'comprends pu rien) pour faire apposer des timbres valant 15 $ sur la contravention et revenir et attendre que les policiers fassent le tour pour leur présenter le document et faire enlever l'entrave jaune.

Voilà. Il y a des pièges qui sont tendus à tous les algériens. On peut tout faire, tant qu'on ne se fasse pas prendre.

mardi 24 février 2009

vendredi 20 février 2009

La salle de sports

J'ai cherché longtemps ma salle de sports. Je voulais pouvoir y aller à 6 h 00, comme à Montréal (lorsque les rues et les salles sont vides. Je suis un lève-tôt. C'est un autre point que je n'ai pas en commun avec ma petite lionne aux nouvelles griffes qui n'est pas capable d'assimiler un concept intellectuel avant la consommation de ses 14 cafés), mais les Algérois ne sont pas très matinaux. De plus, les horaires à la plupart des salles sont divisés entre les plages féminines et masculines.

Heureusement, j'ai pu me trouver une petite salle à peine arômatique à Riadh El Feth, un énorme complexe construit par l'état (bien sûr) qui comprend le monument des martyrs. À tous les soirs (arg. Je n'aime pas m'entraîner le soir, mais je m'y fais) je fais les 500 mètres de chez moi au complexe et je traverse un centre d'achats affreusement vide (il y a eu une bombe il y a quelques années, et les gens n'y vont plus). Je dois monter deux étages et, en arrivant au 3e, un oval dans le plafond donne une vue tout à fait imprenable sur le monument illuminé. On me dit que je devrais être fier que ça a été conçu et construit par des gentils Canadiens. C'est du beau travail.

La raison que je mentionne ma salle de sports est qu'on parle dans les commentaires des différences culturelles et qu'Alger est d'abord et avant tout une ville MÉDITÉRRANÉENNE. En voyant les mecs à la salle, on le ressent parfaitement.

Premièrement, je dois dire que la salle est mixte et que les hommes sont (étonnamment) TRÈS respectueux envers les jolies dames en tenues de sport qui fréquentent la salle mixte. Nawel est devenue membre après que je lui en ai parlé et AUCUN homme ne l'a abordé d'une manière même vaguement machiste (à son grand dam, je présume :P). Ils participent aux cours d'aérobie (de «fitness». Arg) et ont l'air complètement ridicule à danser et à sauter, mais c'est un bon exercice et personne ne se moque d'eux.

Par contre, dans la salle de musculation, on peut voir qu'on est situé sur le Bassin de la Mer Ancienne. De tous les hommes qui jouent avec des haltères, il n'y en a PAS UN qui ne met pas une charge qui dépasse de 30 % ses capacités et qui va ensuite crier d'une manière à peine masculine (on gueule comme les soeurs Williams et on pense démontrer de la virilité?) en se tordant les vertèbres lombaires afin de compléter les exercices. Ils le font également à une vitesse de par laquelle les muscles visés ne reçoivent aucun bénéfice (si on relâche un poids entre deux répétitions d'une manière incontrôlée, on travaille peut-être la force de la gravité de notre planète, mais on ne travaille aucun muscle).

Lorsque je suis arrivé à la salle il y a six semaines, je m'étais à peine entraîné depuis sept mois. Je fais cela toutefois depuis l'âge de 15 ans (ça fait déjà bientôt 21 ans. *snif* Chu vieux), je connais donc vaguement mon corps et, surtout, j'ai pris des cours d'anatomie de l'exercice lorsque je jouais au football. J'utilisais des petits poids au début pour éveiller mes muscles et les criards devaient se demander qui était ce Canadien bedonnant qui peut à peine lever une charge de classe féminine.

...maintenant, je lève plus de poids que presque tous les «mecs», AVEC une bonne technique. Ils sont étonnés. C'est parce que JE travaille mes muscles, tandis qu'eux se disloquent le dos.

Je m'amuse quand même avec eux (au moins ils ne crachent pas par terre) et je me FERME LA GUEULE (chose qui n'est pas facile quand on a un mec qui ressemble à un comptable bedonnant de 42 ans à côté de soi, qui met tout le poids de la machine pull-down et crie comme un écervelé et qui, par la suite, DONNE DES CONSEILS à un jeune homme qui vient de commencer. Ta gueule Éric). Le proprio est super amusant et gentil. On ne me dérange pas trop (en partie parce que c'est un groupe d'amis assez serré et en partie parce que, quand je m'entraîne, j'ai mes écouteurs dans les oreilles, j'écoute de la musique violente, je suis dans mon monde et ça se voit), ce qui est un changement apprécié des perpétuels «ça va?» entendus au boulot.

M'entéka, ils me rappellent ces personnes d'origine méditérranéenne à Montréal (on les reconnaissaient par l'inventaire d'une bijouterie qu'ils portaient en s'entraînant) qui faisaient la même chose dans nos gyms. Là-bas les «personnes normales» sont au moins majoritaires et les filles se foutent de leur gueule (elles appliquent généralement le sobriquet de «Ginos»). 'faut croire que les Ginos viennent d'en quelque part. Je suis dans leur rûche.

jeudi 19 février 2009

Samia

Je fréquente une bête étrange.

Non-pratiquante, elle travaille dans une compagnie qui importe de l'alcool et qui brasse de la bière et elle a un esprit tout aussi corrompu que le mien (voire plus). Voici quelques points qui ont été soulevés en moins de sept heures passées ensemble cet après-midi :

- Elle écoute beaucoup de télévision. Elle peut me nommer toutes sortes de séries télévisées québécoises et canadiennes dont je n'ai jamais entendu parler. Vous voyez, je n'écoute AUCUNE télévision (outre mon football, et la saison est maintenant terminée). J'ai dépensé 13 500 DA (à peu près 250 $) pour une carte satellite piratée qui ne servira qu'à donner quelque chose à faire à Samia lorsque je me doucherai. Vlan.

...malheureusement, elle ne peut pas dormir sans entendre le téléviseur. Bon, les rares nuitées que nous avons le bonheur de passer ensemble n'ont pas eu d'agrément électronique (il y a eu mon ordinateur, mais je me passerai de mentionner le contexte), mais un jour elle aura besoin de son compagnon numérique. Je ne sais déjà pas comment je vais faire, savoir qu'il y a des émissions insipides dans ma tanière. J'imagine que le porterai des écouteurs et que je vais lire jusqu'à mon dodo.

- J'ai dit à Samia le nom de famille de ma maman : Ouimet. C'est un nom des plus banaux au Québec et je l'ai toujours préféré au mien (sans vouloir dévoiler mon nom de famille, suffit de dire qu'il est agressant à l'oreille dans son anglais d'origine - mon papa venait du Canada anglais - mais est parfaitement imprononçable en français (encore moins en Algérie).

...en entendant le nom, elle s'est écroulée de rire. J'avais peur qu'elle fasse pipi sur la couette. «Oui mais...», disait-elle.

Je la regardais sans trop comprendre. Il faut dire que SON nom de famille est rigolo à l'entendre et signifie une denrée alimentaire en arabe. Ce serait comme si un mec nommé Hamid venait au Québec et qu'un autre nommé Spatule se foute de sa gueule.

Hamid : «Salut, je m'appelle Hamid».
Spatule : «MOUUUUUUUAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHAHAHAHAHAHAHAHA!!!!!!!!!!!!!!».
...je ne voyais donc pas la comédie. En effet, on peut faire une phrase banale avec le nom, mais puisque c'est commun, on n'y pense pas trop chez moi. Bref, elle va bien s'amuser aux réunions de famille. Ma mère vient d'une famille de douze enfants d'une fertilité éprouvée. Elle va en rencontrer des Ouimet!

- Le sujet est survenu car nous avons connu un choc culturel des plus étonnants. Au Québec, il est convenu que les femmes sont égales au hommes dans tous les sens. Il nous est complètement étrange l'idée qu'une femme deviendrait l'esclave et la propriété de son Homme lors du mariage. Les Québécoises gardent donc leurs noms et les ménages sont bâtis entre égaux. Il y a eu une mode au cours des années '70 de donner des noms de famille composés aux petits, mais ça n'a pas duré très longtemps (car ça sonnait assez ridicule) et, d'usage, les enfants gardent le nom du père, bien que l'état accorde le droit de donner le nom qu'on veuille, car on présume que les parents ont un plus grand droit de regard sur l'attribution du nom de leur enfant qu'un fonctionnaire moche et puant et frustré sexuellement.

Samia a été outragée. «C'est d'un féminisme poussé à l'extrême!!» dit-elle, textuellement. Il faut faire comprendre aux lecteurs algériens que ma copine est une femme au caractère fort et elle est indépendante et occidentale. De l'entendre dire qu'elle RE-FUSE catégoriquement de garder son nom était l'équivalent pour mon petit moi québécois de voir un tigre dans la jungle indonésienne sauter dans une cage et de quémander qu'on l'emprisonne dans un zoo.

Bon, on passe, mais je n'ai aucune façon de m'y échapper. Si elle me rejoint au Canada, nous devrons nous marier en Algérie. Elle sera donc OFFICIELLEMENT Madame Éric et ses papiers canadiens devront le refléter. Ce sera étrange quand j'aurai à la présenter aux amis.

- La mère de Samia se doute qu'elle n'est plus vierge. C'est un peu comme si la mère d'un lutteur sumo se doute que son fils n'est pas végétarien.

- Samia aime les torses mâles nus. Il n'aurait pas fallu que j'aie ma tondeuse à barbe dans la salle de bains :$. Bon, je devrai laver les draps de la chambre du milieu demain afin d'enlever mon pelage corporel qui les recouvre. J'ai l'air d'un Loup qui a perdu ses poils d'hiver, mais il fait encore froid!

...ma Lionne est mééééchante.

mercredi 18 février 2009

Mon lave-vaisselle

Je suis seul ce soir, et on a tenté de m'apprendre des nouveaux mots aujourd'hui, mais malheureusement, je ne peux pas m'en rappeler (et, je rappelle, je refuse de prendre des notes et de faire un effort, bien entendu).


Alors, face un ordinateur qui ne m'aide pas tout à fait à passer le temps, je dois dire une chose :


Un bon lave-vaisselle est un MUST pour un homme paresseux vivant seul. Sam peut témoigner que j'avais des assiettes recouvertes de sauces sèchées et de morceaux de bouffe collés sur ma table. J'ai décidé qu'il était temps (après une semaine) de prendre la pile et de mettre au lave-vaisselle.


Tout est nickel.


Mouaip, en tant que Canadien, je ne peux pas marier une lave-vaisselle, mais ça fait du bien qu'on puisse en acheter, tout au moins.


...hm. Si Samsung s'y mettait et créait des adaptateurs orificieux, les hommes n'auraient pas du tout besoin de s'acquérir des femelles.

Hm.

mardi 17 février 2009

Mot du jour II

Rebak (Dieu, Allah, le Monsieur dans le ciel qui passe son temps à contempler les désirs proscrits des humains - et non pas des moutons ou des baleines, car seuls les humains vont au ciel après leurs morts, même s'ils partagent 99,5 % de leur génétique avec les moutons et les baleines (et 50 % de leur génétique avec les bananes). Étrangement, ce sont les humains qui ont créé Dieu et, bon, les moutons et les baleines baisent sans trop se méfier de l'état de leurs âmes et mangeraient des charcuteries et boiraient des bonnes bières itou s'ils le pouvaient. D'ailleurs, il me faut retourner à la salle de sports et continuer mon processus si je veux éviter de m'attirer un harpon espagnol cet été en me baignant dans la Méditérranée).

Prononciation : comme je l'ai écrit. Le R se roule sur la langue et il faut expulser le mot comme si on était fâché, mais ces instructions cadrent avec pas mal tous les mots arabes (encore plus si on prononce à l'arabe classique, car les Algériens adoucissent les prononciations. Disent-ils. Il me semble pourtant que la Libanaise que j'ai fréquentée il y a déjà 13 ans (Arg!! Elle était LA fille sexy à la fac. Je suis vieux) prononçait son arabe d'une manière BIEN plus sexy. 'faut croire que j'étais influencé par sa forme parfaite de fille de 22 ans et que mes souvenirs sont flous. Car je suis vieux. Arg).

Pourquoi je l'ai appris : J'étais au ministère des finances aujourd'hui. La secrétaire de l'équipe ainsi qu'une analyste porteuse du foulard presqu'ubique ici remarquaient que mon «arabe» s'améliore. Je leur ai expliqué que Samia m'a appris des mots méchants, qui me serviraient quand je dois faire sortir ma bile sur les routes algéroises. Je les avais noté, question de pouvoir m'en rappeler le moment venu d'envoyer paître un imbécile qui freine en plein Boulevard des Martyrs à l'heure de pointe SANS CLIGNOTANT ET SANS SE GARER SUR LE CÔTÉ afin de déposer sa pétasse et de bloquer la circulation pendant cinq minutes, le temps qu'elle déchiffre l'énigme de la poignée de porte automobile. Oui, le retour du travail aujourd'hui a été difficile.

Je me souviens que Sam m'a appris qu'une expression appropriée pour une insulte véhiculaire serait «nique ta mère» (pardon, mais je me dois d'être explicite. Ça fait partie de l'anecdote). Je note également qu'un cadre TRÈS important au ministère du commerce m'a même expliqué que je peux maudire le canal de naissance de mon interlocuteur, ce qui est BIEN pire, mais j'avais oublié les mots exacts. Bref, une maman et son attirail reproductif sert à insulter dans ce pays. Voilà.

(Je note également que je suis crampé à l'idée que quelqu'un d'ici veuille jeter un sort sur la zone érogène principale de ma maman. Je suis athée, et je me doute que ma génitrice apprécie cet endroit de par lequel je suis passé il y a bien des années, alors, bref, si un Algérien le maudit, je me dis que ça va juste rendre le copain à ma maman, l'inimitable Jipi, heureux. Et c'est TANT MIEUX. M'entéka).

Malheureusement, à la Saint-Valentin, Sam a réussi à déjouer ses parents et est restée chez moi pour la nuit. Nous avions consommé des quantités non négligeables de vin et, bon, nous avions repris mon apprentissage de mots pas très gentils (non, nous n'avions pas passé la soirée au lit. Il y a des pauses linguistiques parfois vous savez). J'ai validé mes notes le lendemain sans trop me souvenir de la conversation.

J'avais noté «nique rebak» (je sais maintenant que c'est TRÈÈÈÈÈÈÈS méchant). Avec mes souvenirs flous de différentes façons d'insulter, je pensais donc que le mot du jour était «mère».

Autre pensée : le «nique» n'existe pas au Québec. Je sais ce que ça veut dire, mais je n'ai pas le réflexe d'être choqué par ce qui m'est une syllabe autrement inoffensive à mes oreilles.

Bref : j'ai expliqué à mes collègues que j'ai appris des choses pas gentilles, dont un mot («mère», un mot qui, me dis-je, ne serait pas choquant dans le contexte) qui est déclinable de maintes façons.

En disant «rebak», on m'a regardé comme si je fréquentais la gardienne aux portes de l'enfer (mais elles riaient tout en étant choquées, alors je me disais qu'elles se doutaient des expressions auxquelles je me référais). J'ai continué d'insinuer que ce mot, «rebak», est très utile.

Dix minutes après le début de cette partie de la conversation, Myriam m'a indiqué que «Rebak» signifie le créateur des Algériens et de tous leurs cousins Musulmans.

...je ne sentais plus mes testicules.

Je me suis excusé mille fois et j'ai expliqué que je pensais que «rebak» signifiait «maman» (sans trop expliquer la source de la confusion). On riait, mais je me doute que je ne pourrai jamais leur présenter ma copine sans qu'elles ne la jugent d'une manière un peu (beaucoup) sévère.

Bref, messieurs, la Saint-Valentin est source de malheurs. Restez au lit!!!!!!