samedi 31 janvier 2009

Mon char

(Note aux lecteurs : ce sera le plus long feuilleton de l'année. Veuillez attendre d'être atteints d'insomnie à deux heures du matte avant de tenter de le lire. Soit que vous allez vous endormir instantanément, ou qu'il sera temps de prendre votre douche et d'aller bosser lorsque vous serez rendus à la fin).

Les premiers jours après mon arrivée, la chose qui m'a le plus étonné était la circulation automobile dans les rues d'Alger. Il faut comprendre que je suis Américain, et qu'en Amérique (la plupart du temps), les villes sont dessinées avec des lignes droites. Il y a des feux de circulation pour garder l'ordre. Il n'y a pas de barrages policiers en pleine autoroute agissant comme goûlot d'étranglement menant à des kilomètres de voitures stationnées dans une zone où la limite indiquée est de 80 (et Samia me dit que la limite officielle est de 120, mais qu'ils n'ont jamais changé les enseignes. Disons que ma jolie est sadique, et je ne sais pas à quel point elle est manipulatrice, alors je ne sais pas encore si une contravention lui serait jouissive ou non).

La grande différence entre mon ancien monde et mon nouveau, c'est que pour se rendre d'un quartier à un autre, il faut presque toujours passer par des petites ruelles étroites. Donc, pour me rendre ce matin au ministère des finances à partir d'El Madania, j'ai dû monter une petite ruelle derrière un vieux fourgon Peugeot pendant trois kilomètres, couper un boulevard, et redescendre pour un autre deux kilomètres. Super le fonne.

Les gens d'ici parlent de la circulation comme les Montréalais parlent de la météo. C'est l'éternel sujet de conversation, tout le monde valide avant d'entrer au boulot et tout le monde en grogne.
Lorsque j'habitais l'hôtel, on avait un chauffeur qui nous faisait l'aller-retour, alors on ne s'en faisait pas trop. Je ne pensais JAMAIS devenir un des frustrés en m'achetant une voiture. Lorsque je me suis pris un appartement toutefois, les choses ont changé.

Le taxi me coûtait 800 DA (vaguement 15 $ CAD) par jour aller-retour et, heureusement, Nabil était magnifiquement ponctuel. Le problème survenait quand je devais faire des courses. Que ce soit pour mon nettoyage («dégraissage» ici. 'faut aimer l'idée que j'ai de la graisse sur mes chemises) ou pour m'alimenter en... aliments, je devais soit payer une somme supplémentaire ou demander gentiment à Nawel. Je devais aussi planifier mes déplacements, car l'horaire de mes autos ou le traffic imposait des limitations importantes. Surtout, si un imprévu se pointait, j'étais dans la schnoutte.
Pendant trois semaines, je me suis aussi fait voyager par les chauffeurs du ministère de la culture. Bien que ça m'a permis de me sauver des bidoux, je me levais à 6 h 30 et je ne savais pas si ma voiture allait arriver à 7 h 30 ou 10 h 00. Pas évident lorsqu'on a des réunions de planifiées avec des fonctionnaires-cadres (EUX pouvaient me faire attendre, mais moi, c'est différent).

Éventuellement, j'ai fait les calculs et j'ai décidé qu'il me serait avantageux de m'acheter une bagnole. Je suis allé voir le souk auparavant (à l'hôtel, je voulais une Peugeot. Miam. Elles sont BELLES!!), mais à 70 millions minimum pour une 2004, ça devenait un peu ridicule.

(Ah oui, Monsieur Lyes, notre chauffeur gentil mais engendreur de désirs de baffer, m'a parlé des prix des voitures. «Entre 70 et 140 millions» me disait-il. Lorsque je fais un calcul rapide 1 $ CAD = 50 DA, ça voulait dire qu'une voiture coûtait entre 1,4 et 2,8 millions de dollars. Je me suis presque vidé les intestins sur les jolis sièges en cuir avant de humer une anguille sous la roche et demander combien mon billet de 1 000 dinars valait. Après un dialogue ridicule, il a compris que 70 millions, c'était en centimes, ce qui vaut 700 000 DA. Notons que ce bogue perdure un peu partout, et qu'il me faut constamment traduire en ajoutant ou en retirant un certain nombre de zéros selon le prix cité. Pour mon magasine The Economist, on me dit que ça coûte 3 750, alors je donne 400 et on me rend 25. Ça ajoute du piquant dans la vie mettons.
...et je me dois d'ajouter ici, TOUT caissier ici, peu importe les sommes en jeu, va sortir la calculatrice. Au boucher, on peut calculer la valeur de deux entrecôtes, deux filets de dinde, quatre côtelettes d'agneau, 500 grammes de viande hachée et six merguez, mais si je donne 1 500 pour couvrir 1 420, on va sortir la machine afin de s'assurer qu'on me doit 80 dinars. C'en est désolant).

Le dilemme auquel je faisais face portait sur la décision entre une voiture d'occasion et une voiture neuve. J'allais avoir le bollide entre 12 et 18 mois, alors ce n'était pas vraiment le COÛT qui m'était important, mais plutôt la perte de valeur entre le prix d'achat et de revente PLUS les coûts d'entretien. Bien entendu, l'idéal serait de m'acheter une vieille minoune (comme j'avais à Montréal. Elle s'appelait Sissi et elle va vouloir m'écorcher vif à mon retour au pays. C'est un inside) que je pourrais revendre au prix payé. Malheureusement, il n'y a pas de vendeurs officiels de voitures d'occasion, alors je DOIS acheter d'un particulier, ce qui ne me confère aucun recours si ça s'avère que j'ai acheté un citron (un tacot en bon algérien). Puisque la poussière et les pentes routières d'ici tuent un moteur et un engrenage, j'ai préféré acheter une nouvelle voiture qui aura une garantie et, tant que je la garde en bon ordre, je pourrai récupérer une somme raisonnable lors de la vente.

Les marques : le parc automobile algérien est plutôt différent de ce qu'on retrouve à Montréal. En premier lieu, nous n'avons pas les marques françaises (Peugeot, Renault et Citroën). Je peux affirmer sans équivoque que les Peugeot me donnent des érections. Toute la gamme est délicieuse. Les Citroën ont des drôles de petites voitures qui sont des demi-cercles, mais leurs grosses voitures sont absolument magnifiques. Quant à Renault... voici la Mégane (ce nom ressemble au mot québécois «magané». Je vous JURE que ce ne doit pas être une coïncidence) :
J'aimerais bien refaire le commentaire qu'on a donné de la drogue et un crayon à une personne atteinte d'un traumatisme crânien afin qu'elle puisse dessiner cette horreur, mais la voiture est TELLEMENT laide que seul une personne totalement brillante - l'incarnation non-fictive de Dr. Evil avec la puissance intellectuelle de 50 Einstein - et fondamentalement diabolique aurait pu créer un objet possédant une telle nauséabondanture. Je présume toutefois que les gens qui la conduisent ont été atteintes de traumatismes crâniens. Et sont aveugles. Et sont impuissants sexuellement.
Il y a aussi des voitures qui ne sont pas encore disponibles sur les marchés occidentaux. Fabriquées en Chine, elles ne satisfont pas aux critères de sécurité minimaux. Notons que j'habite un pays où les Hyundai et les Chevrolet sont des porte-étandards de qualité, alors tout passe.
Je suis allé avec ma collègue Madeleine visiter le concessionnaire de Marutti. La marque la mieux vendue en Algérie. Ils ont une entente de marketing avec Suzuki et c'est LA voiture la moins dispendieuse du pays. J'en étais enchanté tellement qu'elle était moche. Je l'ai essayée et la petite machine pouvait à peine se rendre à 30 km/h. Elle fonctionnait au carburateur et avait UN CHOKE!!! Je voulais l'acheter juste pour me vanter d'avoir conduit la dernière version de la génération des Honda 1967.
...malheureusement, elle n'avait pas de clim. Je me visualise, pris sur une autoroute bondée à 44 degrés en août dans une Marutti. Je suis maso, mais pas à ce point.
Je pouvais acheter sa grande soeur, la Alto, pour 600 000 DA, toutes options, taxes incluses. C'est ce qu'à fait Madeleine et je présumais faire pareil. J'ai toutefois décidé de faire le tour des voitures chinoises (jusqu'à date, j'ai recensé neuf marques chinoises différentes. TROP hotte de voir ce qui va pulluler au Québec dans dix ans), voir ce que je peux dénicher.
Un jeudi matin avec Nabil, nous sommes partis à la découverte. Nous nous sommes arrêtés chez Saipa, une marque iranienne (oui oui, iranienne). Elles ressemblaient à l'Alto (ultra-cheapo), mais en plus cher, alors j'ai laissé tomber. Nous allions quitter quand on m'a dirigé vers une toute petite salle de montre («showroom» en français correct). J'ai vu des belles bagnoles, et je suis embarqué. Lecteur CD, ABS, direction assistée (ma petite Samia toute menue a des biceps d'Arnold en 1981 à force de se stationner sans assistance), solide, tout à fait confortable. Hors de prix sans doute, me dis-je.
La TRÈS jolie Yasmina (je t'aime Sam) m'a dit que ce sont des «Geely». Que le modèle de base, la CK, toute-option avait un rabais. Je pouvais l'avoir à 700 000 DA plus taxes.
...je sursautai.
Je lui ai demandé s'ils en ont en stock (fréquemment, on va faire attendre les clients qui ont donné leurs dépôts, parfois des mois, en disant qu'«on attend la livraison» et ils passent les nouveaux arrivés à ceux qui crient le plus fort ou aux amis). Je suis allé voir. Ils en avaient trois. Une couleur champagne (sérieux, une Mégane champagne serait le comble de la laideur. Si j'en vois une, je risque de m'arracher les globes oculaires avec une fourchette), une grise (je refuse fondamentalement d'acheter une voiture grise. En mai dernier, j'ai acheté une Rabbit. Il y avait une teinte de bleu, une teinte de rouge, une teinte de noir, et CINQ teintes de gris de disponibles. Sérieux, il faut manquer d'originalité acheter ça) et une bleue.
...j'aimais bien la bleue :$
J'ai donné un dépôt et j'allais revenir le samedi l'acheter. Elle serait prête.
Bien entendu, j'ai oublié que les banques sont fermées le samedi. Il me fallait augmenter ma limite de crédit sur ma Visa. 'voyez, la SEULE façon pour moi d'obtenir des fonds, c'est de retirer de la banque sur ma Visa. Je ne sais pas encore combien sont les frais totaux (frais de la banque, frais de Visa, écart entre les cours de change), et je n'ose pas trop demander, question de conserver mes dernières gouttes de raison.
Bref, lundi était l'Aïd, alors il me fallait absolument retirer l'équivalent de 15 000 $ CAD d'une banque et me rendre au concessionnaire avant midi, car on fermait de bonne heure (et je ne voulais PAS attendre le samedi suivant, car je suis impatient et tout est fermé pendant la semaine de la fête).
Nous sommes partis tôt et, même pour Alger, le traffic était impossible. On a réussi a déboucher à Hydra. Je suis entré dans la banque.
...la machine Visa ne fonctionnait pas.
Nous sommes ensuite allés à Birkadem.
...la machine Visa ne fonctionnait pas. C'était une panne généralisée disaient-ils. Pê que si on va à XXX (je ne me souviens plus de la succursale), au siège social, ils pourront faire un retrait avec la bonne vieille technologie du schlick-schlick.
GRRRRRRRRRRR
Nous sommes allés à XXX. La machine à Visa fonctionne. Hourra.
...mais ils n'ont pas 800 0o0 DA dans le coffre. C'est la veille de l'Aïd. Tout le monde a besoin de fonds.
Il faut comprendre que je suis Loup. Lorsqu'on m'accule au mur, je deviens non pas méchant-stupide-énervé comme un chien. N0n non, je deviens froidement sadique. De par mon simple regard, la jeune demoiselle, qui était nonchalante et condescendante à mon arrivée, a commencé à avoir peur. Qu'une violence céleste allait s'abattre sur elle à tout moment.
...elle a appelé, très timidement, une autre succursale. Sa machine fonctionne et elle a des bidoux. Il était rendu 11 h 00. Trois heures sur les routes pour faire trois succursales et il ne restait qu'une heure (présumant que le concessionnaire va me laisser acheter une voiture cinq minutes avant la fermeture).
Nous sommes allés à la dernière banque. J'étais derrière un vieux sénile et une dame qui, manifestement, ne comprenait pas les subtilités d'un retrait bancaire. Je suis resté calme, mais vers la fin de la transaction du Monsieur âgé, quand un jeune fripé-style portant des énormes lunettes fumées griffées a tenté de s'insérer au comptoir devant moi (la file se fait à l'horizontale ici, le long du comptoir), je me suis placé entre lui et l'aîné et je lui ai fait comprendre sans paroles que s'il voulait manger son crâne de mouton le lendemain sans devoir utiliser une mâchoire en acier, il ferait mieux de ne pas me faire chier. Il a cédé.
La transaction a fonctionné. Il y avait plusieurs personnes au guichet pare-balles du mec qui distribue les billets. On m'a indiqué de venir chercher mon argent.
...800 billets de 1 000 dinars c'est gros. Huit piles reliées. Pas de sac. J'ai tenté, tant bien que mal, de cacher une sommes équivalente à neuf mois de salaire de l'Algérien moyen sous mon manteau, mais un paquet est tombé et j'ai eu l'air d'un Charlot moderne à tenter de le ramasser sans échapper le reste.
Heureusement, j'ai réussi à regagner le taxi (qui était à 50 mètres de la porte. C'était énervant) et nous étions sur la route vers le concessionnaire. Il était 11 h 25. Nous sommes arrivés dix minutes plus tard (vive Nabil et sa connaissance de raccourcis).
Yasmina n'avait pas les cheveux attachés cette fois-ci et elle était un peu moins cute, mais puisque j'allais avoir ma voiture, je n'ai pas trop chigné.
On m'a livré ma Geely. On n'a pas lavé l'intérieur et le tableau de bord était recouvert d'une poussière qui venait sans doute d'une usine chinoise à l'hygiène douteuse. Le plastique était encore sur les sièges (j'ai juste enlevé celui sur le siège du chauffeur, question de protéger et de maximiser la valeur de revente). La peinture était recouverte d'un «vernis de livraison». De la paraffine. Pas beau.
Tant pis, j'avais mon auto. Maintenant, il me fallait passer le traffic de la veille de l'Aïd, lorsque TOUS les Algérois font leurs courses car tout sera fermé pendant plusieurs jours, afin de faire immatriculer. Je devais suivre Nabil.
...cette aventure sera pour un autre feuilleton.
La raison que j'écris ça ce soir, c'est que j'ai pris des photos de ma Geely. Non pas pour vous montrer (bon, oui, un peu), mais plutôt pour avoir un dossier afin de faire une réclamation auprès de mon assureur. Vous voyez, quelqu'un a eu la témérité de m'arracher mon antenne cet après-midi :




Disons que je file assez Loup Sadique en ce moment.

Voici les autres photos.

(En plus de ne pas avoir nettoyé l'intérieur, les gentils au concessionnaire n'ont pas fait trop d'efforts pour gratter les autocollants de l'usine. Un jour, je me suis acheté une bombe aérosol d'enlève-vernis et j'ai shooté l'intérieur du pare-brise. Manifestement, l'enlève-vernis qui a dégoutté s'attaque également au plastique d'un tableau de bord chinois) :

...et, ayant acheté une barre anti-vol qui se pose sur le volant, j'ai craqué le logo Geely (qui était VRAIMENT cute).

Bon. J'aime quand même ma voiture. On fera quelque chose pour atténuer l'apparence affreuse du tableau de bord et on peut remplacer le logo sur le volant, alors, au moins j'ai un lecteur CD et un frein à main tout à fait cool. J'aime aussi l'intérieur beige et noir :

Alors, bien que Samia m'aie renié après l'achat d'une voiture chinoise (elle est experte en toutes choses mécaniques. Sérieux, la femme parfaite), je suis heureux de mon achat. Reste à voir si la machine va survivre une année de conduite par un Loup Sadique (il y a déjà quelques égratignures provenant d'agressions routières. J'm'amuse :P).

P'tite vite

Notre secrétaire m'a demandé de traduire «dickhead» de l'anglais.

...je lui ai demandé de répéter.

Elle m'a épelé «decade». Ouf. Une chance que j'ai demandé avant de répondre.

vendredi 30 janvier 2009

Un voleur II

Nous sommes vendredi soir. Retour au travail demain (mise au point auprès du patron. Arg). Il me fallait mettre à jour la situation du voleur.

Lorsque ça a eu lieu, Réda et Naima, nos voisins d'en bas, sont sortis et ont vu sauter le scélérat au-dessus du haut mur qui mène à la ruelle sur le côté. Sur le toit de l'immeuble en face, il y avait un jeune homme qui semble avoir témoigné de l'incident. Il a fait signe de la main à Réda qu'il allait le voir plus tard pendant la journée.


La police a refusé de prendre des empreintes (pas la peine, disaient-ils). Lorsqu'on a rencontré le jeune homme d'en-face, il a identifié un individu. Un jeune voyou du quartier qui venait de sortir de tôle. On a été l'arrêter. Bon, c'est fait. La vie continue.

...malheureusement, quand Nawel est allée au commissariat pour témoigner contre notre voleur, elle ne pensait pas que c'était lui. Pire, puisque le procès-verbal était en arabe et que Réda n'a pas pris la peine de déchiffrer (il faut comprendre que l'arabe et l'algérien sont deux langues. Surtout lorsqu'on fait affaire avec toutes choses légales. C'est comme si une Algérienne tentait de comprendre mes conneries blogales) et il a signé là où la police lui a indiqué.

Bon, au premier abord, j'ai pensé que Nawel avait fait une erreur. Elle s'est réveillée en sursaut, a crié et a bondé du lit et est partie à courir. Elle m'a affirmé que le soupçonné est grand et beau et que le mec qui est entré chez elle est petit, laid et «a l'air d'un singe».

Je ne veux pas ici insulter Nawel d'aucune façon, mais un réveil traumatisant à 4 h 00 du mat n'est pas trop hotte pour nos perceptions. Je lui ai dit qu'il ne lui fallait pas trop affirmer que ce n'était PAS le beau jeune homme, juste qu'elle ne peut pas l'identifier.

Cependant, les choses ont drôlement viré. Le jeune homme d'en face a changé son histoire à maintes reprises. Initialement, le suspect portait des jeans, mais par la suite, un ensemble de sport (il faut comprendre que ce sont les deux choix possibles des jeunes Algérois. Habillés comme leurs idoles de soccer et l'équivalent de l'inventaire d'une bijouterie autour du cou, ils ont l'air un tantinet ridicules. Mais bon, c'est une opinion d'un Canadien sans aucun sens du style, alors voilà). On a commencé à se demander comment il a pu être sur le toit, tout habillé, à 4 h 00 du mat, quand il y a eu moins de 20 secondes entre les cris de Nawel et le bond du mec disparaissant.

La police a insisté que Nawel signe un témoignage indiquant que le voyou était le voleur. Elle a signé qu'il ne l'était pas. Maintenant il y a des multitudes de rumeurs qui circulent dans le quartier et Nawel ne s'en sort pas joliment.

En bref, le jeune d'en face n'a plus aucune crédibilité et il est le seul à témoigner contre le voyou (le juge a laissé tomber le témoignage de Réda sans conséquences, ce qui lui a été d'un énorme soulagement). La police ne veut pas trop se casser la tête et veut mettre en tôle un jeune qui a un casier judiciaire volumineux (une entrée par effraction est un crime sérieux qui peut conduire à 15 ans dans une prison algérienne pas trop plaisante). Selon ce que je peux comprendre de par les différentes versions qui m'ont été dites, personne ne sera inculpé pour ce crime (mais c'est à voir).

...et je suis fier de Nawel d'avoir tenu tête aux officiers.

jeudi 29 janvier 2009

Réveillon un peu tardif

Ça fait un certain temps que je me devais de monter un petit vidéo portant sur notre soirée du 1er janvier. Le 31 décembre a été passé en solitude avec ma petite Samia, alors nous sommes allés rejoindre nos amis le lendemain.

...malheureusement, je ne semble pas retrouver la passe des filles sur le divan, alors vous devrez vous contenter de ceci :

mercredi 28 janvier 2009

Sujet sensible

Ce feuilleton s'adresse à mes lecteurs Canadiens, s'ils existent (j'en ai aucune preuve, mais bon, je m'abreuve de cet éternel espoir que j'ai des amis. Des amis qui ne pensent pas à écrire des commentaires dérisoires à mon égard. Hm. Il me semble qu'ils ne se retiennent pas d'habitude. *soupir*).

J'ai reçu un courriel du nouveau beau-papa de mon frère (et la moitié masculine du couple le plus sexy dans la soixantaine que, je me doute, j'eusse croisé de ma courte existence, relativement parlant). En pièce jointe, il y avait un document Word expliquant la vision de l'Islam d'une dame nommée Wafa Sultan. Selon mes recherches, cette dame n'est ni théologue, ni sociologue, ni anthropologue. Elle est, toutefois, une quasi-vedette dans l'occident (et le moyen-orient, 'faut le dire, mais de tout autre ordre), parce qu'elle ose dire des choses plutôt extrêmes CONTRE l'Islam. Bien entendu, pour une personne habitant sur le continent américain, ses paroles viennent renforcer les stéréotypes déjà bien ancrés des Confortables - et le fait qu'elle soit Syrienne et qu'elle eut été victime de terrorisme lui donne une crédibilité au-delà du fait qu'elle dise ce qu'on veut entendre. Donc, voici ma réplique, d'un Canadien athé en Algérie pour qui les idées arrêtées ont des arômes tout à fait répugnants (je note également que les esprits empreints de «foi» me sont les plus arrêtés, alors il y a équilibre) :

Chers Québécois,

Le 13 septembre 2006, un homme, une progéniture d'immigrés indiens, un anglophone, est entré à la Place Alexis-Nihon et ensuite au Collège Dawson et a commencé à tirer. Il a tué une jeune femme, et a blessé plusieurs personnes.

Le lendemain, on a publié un éditorial dans le National Post (pour nos amis non-Canadiens, un quotidien de droite über-fédéraliste basé à Toronto qui n'a JAMAIS mentionné le Québec sans laisser sous-entendre que les Franco-Canadiens sont largement incapables de pensée libre, voire de penser, et que nous sommes des affreuses personnes qui veulent détruire son beau pays) exprimant l'évidence même : que l'aliénation de ce jeune homme a été produite par une société répressive qui impose sa langue et ses moeurs sur nos nouveaux arrivants (dont une multitude d'Algériens qui affrontent le froid de cet hiver en louant notre société vibrante et libre, selon les dires de leurs proches qui me côtoient).

Pensez-y. Le français en Amérique a engendré la mort d'une anglophone aux mains d'un anglophone dans mon ancien quartier anglophone où, bon, 'faut VRAIMENT pas parler français (je le faisais pareil, mais bon, je suis de nature assez irréductible).

Je trouve tout à fait délicieux donc cette ironie qu'on puisse, en tant que francophones vivant sur le continent américain et faisant face quotidiennement à des stéréotypes tout à fait ridicules, tomber dans le même piège qu'est tombé Mrs. John Smith de Medecine Hat en lisant le National Post le 14 septembre 2006, lorsqu'on reçoit quelque merde qui appuie nos idées arrêtées face aux musulmans et exprimer notre assentiment et, bien entendu, partager avec nos proches afin de faire rayonner des clichés arrêtés.

Je sais que j'ai été dressé de par ma vie professionnelle à rester cynique, voire à confronter intérieurement ce que je lis dans nos piètres médias afin de défendre l'inévitable existence de l'AUTRE CÔTÉ toujours ignoré (et que c'est CHIANT que j'aie toujours une opinion contradictoire en prenant une bière et en jasant de tout et de n'importe quoi). Il me faut toutefois riposter quelque peu à Madame Sultan et, surtout, à ceux qui lui ont, naïvement, accordé une quelconque crédibilité.

L'Islam n'est pas plus meurtrier qu'une autre religion. Le fait qu'on fait face à une menace «islamisée» sur le plan mondial ne tient qu'à des coïncidences géopolitiques, économiques et, surtout, raciales (cette dernière explique la source de nos insécurités, non pas que la race arabe ne soit fondamentalement différente. Je fréquente une arabe. Elle partage notre morphologie, nos insécurités et nos impulsions, je vous l'assure).

Au 12e siècle, l'empire musulman était LA puissance économique mondiale. L'échange se faisait de la Mècque à l'Andalousie sur une base ordonnée. On pouvait retirer d'une banque espagnole à partir d'une lettre d'une banque à Bagdad (les premiers «chèques»). Pendant que les suiveux de Jésus s'entretuaient pour affirmer l'évidente supériorité de LEUR façon de vénérer Dieu, la fraternité «arabe» a développé les bases de la mondialisation économique enrichissante (oui, enrichissante. Si vous voulez débattre, il me ferait plaisir de présenter les faits face à votre intuition) qui permet maintenant aux Algériens de se plaindre qu'il y a trop de voitures sur leurs routes (bien entendu, les choses étaient bien mieux lorsqu'aucun des citoyens «normaux» ne pouvait se payer un moyen de transport à soi. J'aime particulièrement quand les Algérois se plaignent - dans la même phrase - de la libéralisation des modalités de financement automobile il y a quatre ans sans construire l'infrastructure routier qui va avec, tout en grognant contre les déviations engendrées par la construction des nouvelles autoroutes).

Bref, chers compatriotes, la religion s'empare de l'impuissance et du désespoir et les corrompt. Toute religion, à un certain moment, s'est chargée de profiter des circonstances difficiles de pauvres humains et de créer un ennemi malveillant et menaçant qu'on doit tuer, car telle est la volonté de Dieu.

Hamas vient d'annoncer sa «victoire» sur les affreux Sionistes qui ont attaqué les roquettes situées dans des hôpitaux et des écoles, pendant que le Likud s'attend à profiter de la «mollesse» du parti au pouvoir aux élections israëliennes de février et que les citoyens de Gaza enterrent leurs centaines d'innocents. Cette dernière phrase, j'ose croire, démontre un équilibre éditorial qu'on ne lira jamais dans le National Post.

lundi 26 janvier 2009

hihihihi

Le filtre à l'agence où je travaille omet certains mots sur Internet. Je dois donc tout vérifier mon dernier feuilleton après avoir porté une petite correction.

Le titre «choc turel» vous donne une idée.

J'avoue toutefois que c'est mon premier filtre algérien et que j'ai vu des choses bien plus stupides au Canada (la Caisse de dépôt bloque à peu près 70 % de l'Internet), alors je ne me plains pas trop.

dimanche 25 janvier 2009

Le choc culturel

Je me suis rappelé récemment que je n'ai jamais rédigé le feuilleton qui porte sur mon choc culturel. Puisque j'ai une soirée en solitude et que mon désir ardent de punir mon corps grassouillet à la salle de sport a été disjoncté par la visite de Samia en fin d'après-midi (et que les désirs ardents et les punitions corporelles ont pris d'autres formes), j'ai décidé de m'y mettre, un sourire vaguement débile de mâle écervelé assouvi aux lèvres en composant.

Mon Australien (tiens, ça fait un bout qu'on ne l'a pas mentionné lui. Pour ceux qui s'y intéressent, il est à Vancouver sous la neige et, étant un mec de Brisbane pour qui 15° représente un froid abominable et qui voulait s'installer au Canada, mais à un endroit où il ne neige JAMAIS, il vit son propre choc culturel. J'en suis crampé. J'imagine les néo-British sur la côte du Pacifique qui doivent pelleter leurs entrées et boire un thé chaud à neuf heures du mat) m'a averti avant mon départ que j'allais arriver en Algérie plein de bonnes intentions et de curiosité. Après deux mois, j'allais vouloir étrangler kekun (NDT* : quelqu'un). Mouaip.

N'ayant jamais quitté le continent Américain et ayant lu sur ce que j'allais trouver au Maghreb, je craignais que mon désir d'écraser un pharynx allait plutôt se pointer au bout de quelques heures. Heureusement, ma première journée fut tout à fait splendide (nonobstant le décor de ma chambre qui faisait pas pirement (NDT : plutôt) Scarface), j'ai dormi comme un bébé à une chaleur humide accablante d'octobre. J'étais VRAIMENT bien et j'étais ébahi en voyant une ville ENTIÈREMENT bétonnée qui, du haut de mon promontoire, me faisait croire qu'on a donné du LSD et un crayon à un mendiant afin de développer la planification (NDT : le planning) urbaine.

À ma deuxième journée, j'ai été traumatisé par les bécosses (NDT : les chiottes), mais j'ai éventuellement passé outre. L'accueil chaleureux de TOUS les Algériens qu'on croisait était étonnant et, bon, même avec ma bédaine, les femelles d'ici semblent me trouver pas totalement dégueu (tout un changement de ma vie de Montréalais, qui m'obligeait à porter un scaphandre dans les rues afin d'éviter de me faire jeter des denrées pourries par les fillettes épouvantées du quartier. *soupir* Ma ville me manque).

Éventuellement, j'ai quitté l'hôtel, je me suis fait des amis et, bon, vous aviez lu, la vie allait bien. Je commençais toutefois à en avoir plein le casse (NDT : ras le bol) de devoir faire cinq fois le tour de la ville pour mes emplettes. Un jour, Nabil (mon chauffeur de taxi préféré pré-acquisition-d'un-char (NDT : turevoi)-chinois) m'a reconduit au différentes salles de sport de la ville. Elles avaient toutes des horaires ridicules, qui ne fittaient (NDT : cadraient) pas du tout avec mon train de vie, car on NE PEUT PAS avoir des femmes et des hommes dans la même salle en même temps! (Heureusement, y'a des pitounes (NDT : bombes) à ma salle, alors tout baigne). Nabil m'a expliqué qu'une femme qui se montre en shorts et en chandail (NDT : aucune tabarnak d'idée. Pull? Ticheurte? Veste? Cadran? Sérieux, je ne comprends rien au parlé vestimentaire d'icitte) serré va générer des raidissements entrejambiens auprès des pauvres hommes honnêtes. Bref, il semblait dire qu'elles pourraient fort bien se faire violer, et que ce serait de leur faute.

Il faut comprendre que cette mentalité phallocentrique existe un peu partout, non pas seulement dans les pays arabes (Wassila s'est attirée des regards outrés à Washington avec son décolleté. Tout dire), mais ça m'a profondément brusqué quand même, parce que ça va parfaitement à l'encontre de ma philosophie personnelle de Québécois de par laquelle la vue des jolies femelles en tenues serrées est un PLAISIR à savourer. Me voici donc dans un pays où on justifie couramment le viol et l'abus des femmes (incluant l'abus physique), parce qu'elles le «méritent». Nabil est mon ami, et il me sort des conneries de la sorte comme si c'était normal et que J'ÉTAIS étrange de penser qu'une jolie femme a le droit inhérent de se montrer et d'attirer les regards des hommes heureux et de se flatter l'égo féminin sans craindre qu'on ne l'attaque.

Je sais, je m'attendais à bien pire. Voilà ce qui est étrange : on s'immisce dans une culture et on s'habitue à l'humanité des gens qui nous côtoient. Les Algériens étaient devenus des vraies personnes super sympas - mes amis - et non pas des caricatures lointaines. Lorsqu'on va ensuite entendre quelque chose d'abominable sortir de leurs bouches, ça heurte profondément.

Le mercredi venu, je suis sorti à la Voûte et j'ai bu. Une de ces soirées étranges où j'étais épuisé de ma semaine, je n'avais pas du tout le goût de sortir ni de consommer de l'alcool, mais après la 14e 25 cl. je me sentais tout à fait sobre. Ça a fini à 4 h 00 et (ayant profité de la générosité de mes compères la fois précédente) ça m'a coûté l'équivalent de 200 piâsses (NDT : balles. Canadiennes. Nous avons de l'argent dans le Grand Nord vous savez?). Bien entendu, lorsque la soirée était encore jeune, j'avais accepté l'invitation du blondinet mèché austral et de Madeleine, une collègue éternellement curieuse, d'aller à la Casbah. Bien entendu également, mon horloge biologique ne me laisse pas dormir après 7 h 00.

Mon état au réveil était assez pitoyable. J'avais des courses à faire (on fait nos courses le jeudi. Le vendredi, tout est fermé). Nabil m'a pris en pitié pendant que je courais aux dix-sept différents endroits acheter mes emplettes pour ma semaine. Les courses terminées et aussitôt arrivé chez moi, ayant comme seul désir de profiter de mon lit alléchant, Mon Australien m'a appelé, disant qu'ils arrivaient. Je les ai fait attendre le temps de serrer (NDT : ça se dit ici ça? Hm. J'sais pas) mes yougourts (NDT : yaourts. J'm'en souviens jamais cââââlisse (NDT : cibouère (NDT : punaise)) quand je demande à la superette) dans le frigo.

Lorsque nous sommes arrivés au musée, où il y avait une exposition tout à fait exquise (on m'avait donné le livre de l'exposition au ministère de la culture dix jours auparavent), je n'étais pas du tout dans mon assiette. Nous nous sommes ensuite baladés, guidés par notre chauffeur dans les anciens escaliers recouverts d'excréments des bêtes qui allaient être sacrifiés à l'Aïd, question d'aller manger une bouchée. Arrivés au resto, nous avions commandé des salades (en entrée pour mes amis, comme repas pour moi). Elles étaient exquises. Incroyables. J'ai mangé l'équivalent de trois baguettes en savourant les plats légumineux. Malheureusement, à quatre mètres de la porte, il y avait une MONTAGNE d'ordures (je ne crois pas exagérer dire que ça couvrait la superficie de mon appart, mais en trois fois plus haut). Au début du repas, il y avait deux ou trois guêpes qui s'attardaient à déranger Madeleine. Quinze minutes plus tard, on avait la rûche qui nous bozzait (NDT : arg. 'faites chier! - non, ce n'est pas une traduction). N'en pouvant plus, je suis sorti prendre un café à côté et griller une cloppe. En savourant un café DÉ-LI-CIEUX servi dans des conditions hygiéniques déplorables, je suis sorti regarder la montagne. Des enfants jouaient devant elle. Des piétons égocentriques marchaient dans la rue étroite et les automobilistes devaient attendre qu'ils daignent laisser un espace suffisant pour qu'on puisse passer. Je suis retourné au resto et mes collègues entamaient leur plat principal (je n'avais plus faim, mais je pouvais voir que la bouffe était bonne). Ils ont fait vite parce que les guêpes étaient intolérables.

J'ai fait comprendre à Mon Australien que je voulais retourner chez moi. Que je ne filais pas du tout. Que j'allais appeler un taxi et les laisser à leurs activités. M.A. m'a dit que ça ne lui tentait pas vraiment de continuer non plus (il avait des choses à faire et il n'était pas enchanté par l'endroit plus que moi). On a dit à Madeleine qu'elle pouvait continuer sans nous, mais elle ne voulait pas causer de remous et a insisté qu'on retourne à l'hôtel, mais tout juste après avoir visité la Cathédrale Notre-Dame-d'Afrique (une des rares églises qui a survécu à l'indépendance et où la prière Chrétienne est permise sans aucune réservation). Elle disait que c'était à cinq minutes. Mon colon bien gonflé me poussait à appeler un taxi, mais n'ayant pas réservé, Nabil pourrait fort bien me laisser traîner dans les rues arômatiques pendant une heure ou deux, voire ne pas venir. J'ai acquiésé.

L'église, en fin du compte, est en haut d'une colline qui surplombe la partie occidentale d'Alger. Dans la circulation du jeudi après-midi, ça nous a pris une heure pour faire le LONG bout de chemin pour s'y rendre. J'étais en calvaire (NDT : arrêtez de m'interrompre. Vous me mettez en calvaire). Surtout, Monsieur Lyes, notre fidèle chauffeur, est un impatient. J'allais le gifler assez solidement après son quarantième ziguezaguement infructueux.

Nous sommes arrêtés à moins d'un kilomètre de l'église. J'avais les souliers (NDT : basket. Non mais sérieux, vous trouvez RÉELLEMENT que vous parlez mieux que nous??!) recouverts d'excréments de mouflons, mais je comprends la pause. Nous étions en haut de la colline. Un recoin perdu. Une vue tout à fait imprenable sur la ville (deux fois plus haute que celle de l'hôtel). Un jeune berger est passé avec son troupeau de moutons. À Montréal, j'aurais sauté sur le plus petit et croqué un morceau (nous n'avons pratiquement pas de moutons au Québec, alors si j'avais vu cette scène à ma première semaine, j'aurais eu des larmes au yeux, provoquées par un étonnement joyeux et séraphique). Je me suis tourné vers mon ami insulaire et je lui ai dit, tout exactement : «here I am. Overlooking the Mediterranean Sea and one of the world's most exotic cities with sheep bleating behind me. I should be awed, and yet all can think of is garbage and shit» (NDT : nan, pas capable de faire passer l'idée aussi parfaitement en français. Les anglo-saxons ont une relation particulière avec la merde).

Chris (oui, c'est son nom. Il était temps que je l'écrive) m'a regardé droit dans les yeux et il m'a fait comprendre que ça faisait presque deux mois que nous sommes arrivés.

Nous avions visité l'église (brièvement. Je quémandais un départ hâtif, ayant comme argument-choc l'imminence d'une défécation accidentelle). Nous sommes allés porter mes amis à l'hôtel (il n'était pas tout à fait sur le chemin, mais il était bien plus proche que mon appart, alors j'ai courbé l'échine et j'ai serré mes sphincters), le traffic a été drôlement convenable, alors j'ai réussi à me rendre jusqu'à ma tanière sans souiller les sièges (heureusement en cuir) de notre Mercedes et, après une activité innommable mais assez évidente, je me suis écroulé sur mon lit et j'ai compris ce qu'était un choc culturel. Je voulais être chez moi, n'ayant pas de chez moi.

Après trois heures de dodo, Nawel m'a invité à descendre prendre un verre avec les amis. Je me suis remis de mon choc assez rapidement. Je suis un homme chanceux.

*Note du traducteur. Question de complaire aux désirs des lectrices algério-françaises qui, manifestement, ne comprennent rien à mes interjections québécoises. Kin. J'l'orf'rai pu.