J'ai ce réflexe humain de ne pas apprécier qu'on me juge sur des choses qui ME sont normales mais qui ne le sont pas ici (je nomme : boire une bière, baiser avec une jolie fille et apprécier PROFONDÉMENT ses jouissances volubiles, manger du jambon et autres charcuteries Haram, etc.). Je dois dire que ce blogue a souvent une tendance éditoriale de dédaigner ce qui n'est pas normal dans ma terre natale (je nomme : des hommes qui crachent dans les rues).
Les Chinois célèbrent des bons repas en expulsant des gaz de différentes façons. J'aime expulser des gaz (c'est quand même un plaisir charnel. Qu'on veuille l'avouer ou non). Pourtant, on est répugné par des rots en société.
Lorsque je croise un mâle qui crache dans la rue (non, pas à mes pieds. Il a intérêt à ne pas le faire. Canadien ou Algérien, ce geste est universel et MON football génère des mâles plus intimidants que le leur), je le laisse le faire. Ça me dégoûte, mais je m'y fais car je suis un visiteur et, bon, on aime cracher ici.
Une amie à Nawel mange la bouche ouverte. J'étais fasciné par son regard assez unique et étrangement attirant, jusqu'à ce qu'on aille au resto ensemble et j'ai dès lors été répugné par son processus digestif qui était étalé à tous et chacun. Par la suite, j'ai pris des déjeûners avec des Personnes Importantes de l'état algérien (hommes et femmes) qui ont presque TOUS l'habitude de se fourrer des mottes énormes de pain jusque dans le fond de la gorge avant de commencer à mâcher (et le mâchis résultant va toujours laisser tomber des miettes moîtes sur la table de manière nonchalante). C'est la façon algérienne. Je n'y suis pas encore habitué, mais, étant assez salaud à mes heures (je ne prendrai pas de photos de mon apart en ce moment - ma femme de ménage est en congé de maladie et c'est un bordel monumental), on m'a reproché pire.
Bref, je fais des observations en tant qu'étranger dans un pays étrange. C'est le but de ce blogue. Je ne peux toujours pas concevoir de faire des ablutions post-défécation avec ma main gauche nue (et je garde mon rouleau de PQ dans ma serviette afin d'éviter les visites imprévues aux sanitaires et les dégraissages particuliers de calçons qui surviendraient inévitablement), mais c'est MON problème. Je ne reproche pas aux gens d'agir à leur façon. Et si j'étais en Chine, je flatulerais ouvertement, arômatiquement et heureusement pour mettre en valeur mon appréciation d'un bon repas et des différences culturelles.
lundi 16 février 2009
Mot du jour I
Bonsoir,
Ces derniers temps, je trouve que j'assimile plus facilement (c'-à-d. sans AUCUN effort) des nouveaux mots algériens. J'ai donc décidé de m'activer en affichant un mot par jour que j'ai appris au cours de la journée (avec le bémol que je ne le ferai pas les soirs que Sam vient me rendre visite ou si je n'ai rien appris. Ou encore si ça ne me tente pas. Je suis paresseux tout de même).
Oukhti (soeur) n.f.
Prononciation : le «kh» rend la prononciation tout à fait étonnante pour un Occidental. Ça sonne EXACTEMENT comme un fumeur de trois paquets par jour qui fait son expectoration régulière dans la rue (mouais. Les hommes algérois crachent dans la rue. Je n'ai pas encore rencontré une Algéroise qui trouvait ça sexy. Manifestement, il y a des nuances aux frustrations sexuelles dans ce pays).
Exemple d'utilisation : Rachid! Va ordonner à ta oukhti de te laver les cheveux, de te décrotter les caleçons et de te couper les ongles d'orteils!
Pourquoi je l'ai appris : Ici, tous les hommes sont des frères. Lorsqu'on interpelle un homme, on dit «houya», donc «mon frère», même si c'est une femme qui parle. J'ai demandé à Fatiha si on faisait la même chose pour les femmes et quel était le mot pour «soeur». Elle s'est démorvée la gorge et je croyais qu'elle dédaignait ma question. En fin du compte, non, les êtres qui valent la moitié d'un homme aux yeux de la loi algérienne (chose vraie. Pas une blague) ne se méritent pas le privilège de se faire appeler «soeur». Tant mieux, si on se souvient que les soeurs sont traitées en tant qu'esclaves par tous les mâles de la famille.
Ces derniers temps, je trouve que j'assimile plus facilement (c'-à-d. sans AUCUN effort) des nouveaux mots algériens. J'ai donc décidé de m'activer en affichant un mot par jour que j'ai appris au cours de la journée (avec le bémol que je ne le ferai pas les soirs que Sam vient me rendre visite ou si je n'ai rien appris. Ou encore si ça ne me tente pas. Je suis paresseux tout de même).
Oukhti (soeur) n.f.
Prononciation : le «kh» rend la prononciation tout à fait étonnante pour un Occidental. Ça sonne EXACTEMENT comme un fumeur de trois paquets par jour qui fait son expectoration régulière dans la rue (mouais. Les hommes algérois crachent dans la rue. Je n'ai pas encore rencontré une Algéroise qui trouvait ça sexy. Manifestement, il y a des nuances aux frustrations sexuelles dans ce pays).
Exemple d'utilisation : Rachid! Va ordonner à ta oukhti de te laver les cheveux, de te décrotter les caleçons et de te couper les ongles d'orteils!
Pourquoi je l'ai appris : Ici, tous les hommes sont des frères. Lorsqu'on interpelle un homme, on dit «houya», donc «mon frère», même si c'est une femme qui parle. J'ai demandé à Fatiha si on faisait la même chose pour les femmes et quel était le mot pour «soeur». Elle s'est démorvée la gorge et je croyais qu'elle dédaignait ma question. En fin du compte, non, les êtres qui valent la moitié d'un homme aux yeux de la loi algérienne (chose vraie. Pas une blague) ne se méritent pas le privilège de se faire appeler «soeur». Tant mieux, si on se souvient que les soeurs sont traitées en tant qu'esclaves par tous les mâles de la famille.
samedi 14 février 2009
Makesh
Bon, si je publie seulement qu'un feuilleton par semaine, je perdrai mes centaines de lecteurs. Malheureusement, je ne sais plus trop quoi écrire. Attends... je regarde dans ma liste de sujets en réserve.
L'arabe! Tiens. Pourquoi pas.
Avant de venir en Algérie, je me suis équipé de livres et de logiciels qui m'ont coûté plusieurs centaines de dollars. J'avais commencé à lire assidûment et j'étais plutôt fasciné par une langue qui est complètement différente de celles que j'avais étudiées antérieurement. Pas de P, deux H, deux T, deux S. Pas de voyelles. Nouvel alphabet. Mouaip, ç'allait être le fonne.
Mes deux premiers soirs algériens ont été passés à étudier. Je tentais de déchiffrer les enseignes (avec passablement de succès, sauf que ça ne sert pas à grand chose de pouvoir lire M, L et le T qui ressemble à une baleine, puisque je ne connais pas les mots et les voyelles ne sont pas écrites. Ça fait donc Mlat à mes yeux) et je disais «salaam alikoum» (pas mal la seule chose que je connaissais) à tout le monde. J'étais comme un jeune chiot imbécile tout mignon. Je m'attendais à ce que j'assimile la structure de la langue à force de l'entendre, comme avec d'autres langues. Je pourrai ensuite indiquer dans mon CV que je parle l'arabe et devenir une denrée rare sur le marché du travail canadien et m'assurer une retraite dorée.
Mouais.
Malheureusement, les Algériens ne parlent pas l'arabe. Ils parlent l'algérien (voire, à la limite, le maghrébain) - un étrange amalgame d'arabe et de français et de mots qui ont des provenances inconnues. Il est à noter que le phénomène de régionalismes est universel - les dieux savent que les divergences liguistiques entre Paris et Montréal sont hilarantes (quoi). Il y a toutefois ce test quasiment biologique auquel les algériens échouent : une espèce animale est classée comme telle si elle ne peut pas se reproduire avec ses voisins sur l'arbre zoologique. Les Algériens, bien qu'ils apprennent l'arabe «correct» à l'école et à la Mosquée, ne se font pas comprendre par leurs cousins en Égypte ou en Syrie, et ils comprennent à peine lorsqu'ils entendent parler les voisins.
J'ai pris des leçons d'arabe auprès d'un ancien professeur au lycée à la retraite. J'affrontais la circulation sur Didouche Mourad (pour les Montréalais, ça ressemble vaguement à Ste-Catherine à l'ouest de Papineau à 17 h 30, sauf sans feux de circulation) afin de me faire torturer par un mec qui n'avait aucune structure dans son curriculum. Il me sortait un mot («s'asseoir», par exemple), et me le disait. Ensuite il passait à «stylo» ou «lumière», sans revenir en arrière pour que je puisse assimiler ce qu'il venait de dire. Surtout, il y a des sons en arabe auxquels des oreilles québécoises ne sont pas du tout habituées alors, parlé rapidement, un K dans le fond de la gorge pourrait être un L et je ne distinguerais pas).
Bref, à chaque fois que je sortais de mes cours, ma tête se sentait gonflée. C'était 90 minutes d'un supplice intellectuel abominable. Après trois visites, je me souviens D'UNE chose : «atheni el qitab». Donne-moi le livre. Arg. Bon, disons que pê ce serait pratique chez un libraire. Malheureusement, j'achète juste mon magazine The Economist (qu'on retrouve ici! J'en suis étonné et TRÈS heureux), et je n'ai aucune idée comment dire magazine. Crisse.
J'ai abandonné et, de plus, j'ai complètement perdu le goût d'étudier le soir chez moi, même si Samia a étudié le droit (en arabe classique) et que j'ai des structures pour me soutenir.
Plutôt, je tente de cerner des mots qui reviennent souvent et de demander à mes proches ce que ça veut dire. J'ai maintenant un vocabulaire d'à peu près 25 mots que j'utilise constamment (c'est charmant au début, mais je crois que ma gentille, délicieuse et voilée partenaire de travail - Fatiha - va m'égorger la prochaine fois que je dirai «maliche» à quelqu'un).
Salaam alikoum houya. La besse? Entique. Hamdou'llah.
Je mets toute personne nouvellement arrivée au défi de tenter d'entendre la différence entre le H dans Rahima et celui dans Hind. Ou encore, de commander un café et de faire cliquer la langue convenablement dans le fond de la gorge au début de Kahua. ARRRRRRRRRRRRRGG. Et on rit de moi! (gentiment, j'avoue, et on apprécie BEAUCOUP mes efforts. N'en demeure que je me sens comme un cancre).
J'ai toujours été BON pour prononcer des langues étrangères!!
Hlas.
L'arabe! Tiens. Pourquoi pas.
Avant de venir en Algérie, je me suis équipé de livres et de logiciels qui m'ont coûté plusieurs centaines de dollars. J'avais commencé à lire assidûment et j'étais plutôt fasciné par une langue qui est complètement différente de celles que j'avais étudiées antérieurement. Pas de P, deux H, deux T, deux S. Pas de voyelles. Nouvel alphabet. Mouaip, ç'allait être le fonne.
Mes deux premiers soirs algériens ont été passés à étudier. Je tentais de déchiffrer les enseignes (avec passablement de succès, sauf que ça ne sert pas à grand chose de pouvoir lire M, L et le T qui ressemble à une baleine, puisque je ne connais pas les mots et les voyelles ne sont pas écrites. Ça fait donc Mlat à mes yeux) et je disais «salaam alikoum» (pas mal la seule chose que je connaissais) à tout le monde. J'étais comme un jeune chiot imbécile tout mignon. Je m'attendais à ce que j'assimile la structure de la langue à force de l'entendre, comme avec d'autres langues. Je pourrai ensuite indiquer dans mon CV que je parle l'arabe et devenir une denrée rare sur le marché du travail canadien et m'assurer une retraite dorée.
Mouais.
Malheureusement, les Algériens ne parlent pas l'arabe. Ils parlent l'algérien (voire, à la limite, le maghrébain) - un étrange amalgame d'arabe et de français et de mots qui ont des provenances inconnues. Il est à noter que le phénomène de régionalismes est universel - les dieux savent que les divergences liguistiques entre Paris et Montréal sont hilarantes (quoi). Il y a toutefois ce test quasiment biologique auquel les algériens échouent : une espèce animale est classée comme telle si elle ne peut pas se reproduire avec ses voisins sur l'arbre zoologique. Les Algériens, bien qu'ils apprennent l'arabe «correct» à l'école et à la Mosquée, ne se font pas comprendre par leurs cousins en Égypte ou en Syrie, et ils comprennent à peine lorsqu'ils entendent parler les voisins.
J'ai pris des leçons d'arabe auprès d'un ancien professeur au lycée à la retraite. J'affrontais la circulation sur Didouche Mourad (pour les Montréalais, ça ressemble vaguement à Ste-Catherine à l'ouest de Papineau à 17 h 30, sauf sans feux de circulation) afin de me faire torturer par un mec qui n'avait aucune structure dans son curriculum. Il me sortait un mot («s'asseoir», par exemple), et me le disait. Ensuite il passait à «stylo» ou «lumière», sans revenir en arrière pour que je puisse assimiler ce qu'il venait de dire. Surtout, il y a des sons en arabe auxquels des oreilles québécoises ne sont pas du tout habituées alors, parlé rapidement, un K dans le fond de la gorge pourrait être un L et je ne distinguerais pas).
Bref, à chaque fois que je sortais de mes cours, ma tête se sentait gonflée. C'était 90 minutes d'un supplice intellectuel abominable. Après trois visites, je me souviens D'UNE chose : «atheni el qitab». Donne-moi le livre. Arg. Bon, disons que pê ce serait pratique chez un libraire. Malheureusement, j'achète juste mon magazine The Economist (qu'on retrouve ici! J'en suis étonné et TRÈS heureux), et je n'ai aucune idée comment dire magazine. Crisse.
J'ai abandonné et, de plus, j'ai complètement perdu le goût d'étudier le soir chez moi, même si Samia a étudié le droit (en arabe classique) et que j'ai des structures pour me soutenir.
Plutôt, je tente de cerner des mots qui reviennent souvent et de demander à mes proches ce que ça veut dire. J'ai maintenant un vocabulaire d'à peu près 25 mots que j'utilise constamment (c'est charmant au début, mais je crois que ma gentille, délicieuse et voilée partenaire de travail - Fatiha - va m'égorger la prochaine fois que je dirai «maliche» à quelqu'un).
Salaam alikoum houya. La besse? Entique. Hamdou'llah.
Je mets toute personne nouvellement arrivée au défi de tenter d'entendre la différence entre le H dans Rahima et celui dans Hind. Ou encore, de commander un café et de faire cliquer la langue convenablement dans le fond de la gorge au début de Kahua. ARRRRRRRRRRRRRGG. Et on rit de moi! (gentiment, j'avoue, et on apprécie BEAUCOUP mes efforts. N'en demeure que je me sens comme un cancre).
J'ai toujours été BON pour prononcer des langues étrangères!!
Hlas.
lundi 9 février 2009
La route algérienne
Pas d'entraînement ce soir. Sam est passée s'occuper de mon moi affectueux-lubrique (OHHHHHHHHHHhhhhhhhh ce qu'elle comble mon moi masculin plus-ou-moins-masculin-selon-la-position-adoptée. Miam!) et j'ai décidé d'abandonner ma perte de bourrelets pour une soirée (j'ai ma bière d'ouverte, la viande marine et, bon, il me fallait bien rédiger quelque chose).
J'avais quelques sujets qui traînent depuis un bout et qui doivent être traités sur mon blogue, mais il me faut compléter les anecdotes sur la conduite des Algériens.
En premier lieu, je tiens à affirmer que, bien que je vire GRAVEMENT psychopathe en côtoyant mes amis Maghrébains sur les routes, je peux aussi affirmer (une fois qu'enfin j'arrive chez moi et que je fasse ce que je dois pour soulager le stress) que ce n'est pas pire qu'à Montréal. Un peu différent, mais il y a des cons tout aussi étrons sur les routes québécoises, alors je n'inculpe pas un peuple fier et autrement valeureux avec mes propos.
HOSTIE que les automobilistes algériens sont cons!!!!!!!!!!!!
(Encore une fois, rappelez-vous que ce n'est pas méchant).
À la veille de l'Aïd, TOUS les Algérois sont sur les routes afin de faire les courses avant la semaine de congé. Bien entendu, et sans le savoir, ce fut la journée que j'ai eu ma voiture.
Je suivais mon chauffeur de taxi, l'inimitable Nabil, pour aller immatriculer la bagnole. En partant de Oued Smar, il me fallait faire le plein parce que le très gentil concessionnaire Geely m'a remis une voiture avec sept gouttes de pétrole dans le réservoir. Heureusement, Nabil connaissait une essencerie sur l'autoroute.
Malheureusement, pour une raison qui m'est encore inconnue, la file dans laquelle j'étais a dû faire demi-tour et aller dans la prochaine. J'étais le dernier arrivé, alors, en tant que fier représentant de mon sexe, j'ai voulu faire une manoeuvre de reculons avec ma nouvelle machine qui aurait fait comprendre à Nabil que je ne suis pas une fillette qui vient d'avoir son premier permis (il était un tantinet condescendant. Bon, il prend bien soin de moi, alors ce n'est rien de trop méchant). Bien entendu, j'ai heurté la bordure en béton de plein fouet.
...et, grâce à ce Allah ubique, je n'avais pas la moindre égratignure malgré une collision qui a fait tourner la tête des 150 personnes en file.
Après avoir fait le plein, nous sommes partis à la chasse d'un immatriculateur (disons que c'est le mot). Je n'avais aucune idée de l'enfer dans lequel je me lançais, alors c'est tant mieux. Surtout, Nabil n'avait pas trop d'idée où aller.
Sans trop élaborer, TOUTES les rues étaient bondées de chauffeurs énervés. J'ai quitté le concessionnaire à 12 h 30 et je suis arrivé à l'immatriculeux à 15 h 00. Nous avons fait la longueur de El Harrach et ensuite de Kouba, dans une circulation impossible. Je me suis fait prendre au piège à quelques reprises, de par lequel j'étais trop près du pare-choc arrière du char devant moi qui allait par la suite rester pris (il me fallait le savoir à l'avance) et je devais zigonner pour sortir du pétrin. Heureusement, je suis un chauffeur écervelé, alors mon agressivité naturelle m'a servi et j'ai pu envoyer paître bon nombre d'énervés en prenant leurs places dans la mêlée.
Le conducteur algérien est tout aussi narcissique-idiot que le chauffeur québécois à quelques exceptions près :
- Ici, en pleine heure de pointe, quiconque pourrait arrêter et interpeller son houya et avoir une conversation. Les klaxons ne serviront à rien, puisque les impatients ne comprennent pas l'aspect précieux que sont les relations humaines pour l'Algérien. Puisque les rues sont étroites et qu'il n'y a aucune issue, la moindre pause aura pour effet la paralysie totale de toutes les ruelles derrière l'étranglement. Étranglement. Hm. Bonne idée.
- Les voies sont des lignes indéchiffrables pour l'Algérien. La MAJORITÉ des gens d'ici roulent à cheval ou à quelque pourcentage de leur largeur sur la ligne pointillée. Si nous sommes sur une rue normale, mais à la largeur de deux voies, la seule voie est celle qui prend l'intérieur de la courbe. Mon passe-temps préféré est de passer par l'extérieur dans une courbe et de rester au niveau d'une voiture. JAMAIS le chauffard ne pensera qu'il y a quelqu'un à-côté de lui jusqu'à ce qu'il tente de prendre l'intérieur de la prochaine courbe (et que je klaxonne. Je suis CERTAIN d'avoir fait doubler le chiffre d'affaires des pressing algérois qui doivent dégraisser des taches brunes de pantalons aux personnes surprises par ma présence).
- Les essenceries : pour faire le plein, on doit attendre en file pendant que le gentil employé de la société de l'état s'occupe langoureusement de chacun des clients, un côté de la pompe à la fois. Lorsque c'est enfin à notre tour, on doit SORTIR DE LA VOITURE et quémander très gentiment son essence, car il ne faut pas que le préposé syndiqué ne ressente qu'il est inférieur à la personne qui paie son salaire. Notons aussi que je fais le plein avec du «sans plomb», mais il y a de l'essence AVEC plomb - chose qui ne s'est pas vu sur le continent américain depuis mon huitième anniversaire de naissance. On se demande pourquoi il y a du smog.
- Les piétons. Nous nous croyons stupides à Montréal (et nous le sommes. Je n'enlève rien au piéton trisomique montréalais). Ici toutefois, on ne semble pas comprendre que, lorsqu'on marche en plein milieu d'une rue achalandée, les étranges machines rouges, grises et noires peuvent faire du bobo. À TOUT moment, un piéton peut surgir nonchalamment et rester devant une voiture le temps qu'il complète la manoeuvre qu'il a à compléter. Mes préférés sont les jeunes hommes chômeurs qui sentent que les rues leurs appartiennent et qui traverseront la rue à leur guise (dans une courbe qui ne permet pas de les voir qu'à la dernière seconde). J'accélère et je me synchronise pour passer juste devant eux (et je les regarde dans mon rétroviseur pour voir leur air incrédule). Pê que je viens de comprendre pourquoi mon antenne a été arrachée :$
- Lorsque j'étais un jeune louveteau (ça fait déjà quelques décennies. *sanglots*), les mâles québécois faisait des blagues sur la conduites des femelles. Ayant demandé à ma mère leur raisonnement, elle m'expliqua que les femmes au Québec venaient de commencer à conduire en grands nombres et qu'elles conduisaient comme des novices.
...je vis donc au Québec de 1978.
Inévitablement, sur tout trajet, je vais croiser une femme voilée qui prendra 15 minutes à effectuer un stationnement autrement simple ou qui s'arrêtera en plein circulation pour répondre à son mobile (planté profondément dans sa bourse). Il est à noter que de parler au téléphone en conduisant ici se mérite un retrait de permis instantané. Cependant, il y aura toujours une poufiasse déconcentrée qui roulera à 25 km./h. sur la ligne du milieu en jacassant avec une autre poufiasse dans un autre recoin de la ville qui énerve tout autant les mâles derrière elle.
Les routes ont des trous, mais pas pire que dans ma terre natale (la plupart du temps). La circulation est bondée, mais je n'ai qu'à penser à la Métropolitaine entre 6 h 00 et 22 h 00 pour me remettre de ma rage. C'est frustrant de conduire ici, mais il y aura toujours des cons partout et, bon, j'ai été bien entraîné pour leur faire face (et leur faire vider leurs intestins dans leurs culottes :D). Je ne regrette pas de m'être acheté une auto.
J'avais quelques sujets qui traînent depuis un bout et qui doivent être traités sur mon blogue, mais il me faut compléter les anecdotes sur la conduite des Algériens.
En premier lieu, je tiens à affirmer que, bien que je vire GRAVEMENT psychopathe en côtoyant mes amis Maghrébains sur les routes, je peux aussi affirmer (une fois qu'enfin j'arrive chez moi et que je fasse ce que je dois pour soulager le stress) que ce n'est pas pire qu'à Montréal. Un peu différent, mais il y a des cons tout aussi étrons sur les routes québécoises, alors je n'inculpe pas un peuple fier et autrement valeureux avec mes propos.
HOSTIE que les automobilistes algériens sont cons!!!!!!!!!!!!
(Encore une fois, rappelez-vous que ce n'est pas méchant).
À la veille de l'Aïd, TOUS les Algérois sont sur les routes afin de faire les courses avant la semaine de congé. Bien entendu, et sans le savoir, ce fut la journée que j'ai eu ma voiture.
Je suivais mon chauffeur de taxi, l'inimitable Nabil, pour aller immatriculer la bagnole. En partant de Oued Smar, il me fallait faire le plein parce que le très gentil concessionnaire Geely m'a remis une voiture avec sept gouttes de pétrole dans le réservoir. Heureusement, Nabil connaissait une essencerie sur l'autoroute.
Malheureusement, pour une raison qui m'est encore inconnue, la file dans laquelle j'étais a dû faire demi-tour et aller dans la prochaine. J'étais le dernier arrivé, alors, en tant que fier représentant de mon sexe, j'ai voulu faire une manoeuvre de reculons avec ma nouvelle machine qui aurait fait comprendre à Nabil que je ne suis pas une fillette qui vient d'avoir son premier permis (il était un tantinet condescendant. Bon, il prend bien soin de moi, alors ce n'est rien de trop méchant). Bien entendu, j'ai heurté la bordure en béton de plein fouet.
...et, grâce à ce Allah ubique, je n'avais pas la moindre égratignure malgré une collision qui a fait tourner la tête des 150 personnes en file.
Après avoir fait le plein, nous sommes partis à la chasse d'un immatriculateur (disons que c'est le mot). Je n'avais aucune idée de l'enfer dans lequel je me lançais, alors c'est tant mieux. Surtout, Nabil n'avait pas trop d'idée où aller.
Sans trop élaborer, TOUTES les rues étaient bondées de chauffeurs énervés. J'ai quitté le concessionnaire à 12 h 30 et je suis arrivé à l'immatriculeux à 15 h 00. Nous avons fait la longueur de El Harrach et ensuite de Kouba, dans une circulation impossible. Je me suis fait prendre au piège à quelques reprises, de par lequel j'étais trop près du pare-choc arrière du char devant moi qui allait par la suite rester pris (il me fallait le savoir à l'avance) et je devais zigonner pour sortir du pétrin. Heureusement, je suis un chauffeur écervelé, alors mon agressivité naturelle m'a servi et j'ai pu envoyer paître bon nombre d'énervés en prenant leurs places dans la mêlée.
Le conducteur algérien est tout aussi narcissique-idiot que le chauffeur québécois à quelques exceptions près :
- Ici, en pleine heure de pointe, quiconque pourrait arrêter et interpeller son houya et avoir une conversation. Les klaxons ne serviront à rien, puisque les impatients ne comprennent pas l'aspect précieux que sont les relations humaines pour l'Algérien. Puisque les rues sont étroites et qu'il n'y a aucune issue, la moindre pause aura pour effet la paralysie totale de toutes les ruelles derrière l'étranglement. Étranglement. Hm. Bonne idée.
- Les voies sont des lignes indéchiffrables pour l'Algérien. La MAJORITÉ des gens d'ici roulent à cheval ou à quelque pourcentage de leur largeur sur la ligne pointillée. Si nous sommes sur une rue normale, mais à la largeur de deux voies, la seule voie est celle qui prend l'intérieur de la courbe. Mon passe-temps préféré est de passer par l'extérieur dans une courbe et de rester au niveau d'une voiture. JAMAIS le chauffard ne pensera qu'il y a quelqu'un à-côté de lui jusqu'à ce qu'il tente de prendre l'intérieur de la prochaine courbe (et que je klaxonne. Je suis CERTAIN d'avoir fait doubler le chiffre d'affaires des pressing algérois qui doivent dégraisser des taches brunes de pantalons aux personnes surprises par ma présence).
- Les essenceries : pour faire le plein, on doit attendre en file pendant que le gentil employé de la société de l'état s'occupe langoureusement de chacun des clients, un côté de la pompe à la fois. Lorsque c'est enfin à notre tour, on doit SORTIR DE LA VOITURE et quémander très gentiment son essence, car il ne faut pas que le préposé syndiqué ne ressente qu'il est inférieur à la personne qui paie son salaire. Notons aussi que je fais le plein avec du «sans plomb», mais il y a de l'essence AVEC plomb - chose qui ne s'est pas vu sur le continent américain depuis mon huitième anniversaire de naissance. On se demande pourquoi il y a du smog.
- Les piétons. Nous nous croyons stupides à Montréal (et nous le sommes. Je n'enlève rien au piéton trisomique montréalais). Ici toutefois, on ne semble pas comprendre que, lorsqu'on marche en plein milieu d'une rue achalandée, les étranges machines rouges, grises et noires peuvent faire du bobo. À TOUT moment, un piéton peut surgir nonchalamment et rester devant une voiture le temps qu'il complète la manoeuvre qu'il a à compléter. Mes préférés sont les jeunes hommes chômeurs qui sentent que les rues leurs appartiennent et qui traverseront la rue à leur guise (dans une courbe qui ne permet pas de les voir qu'à la dernière seconde). J'accélère et je me synchronise pour passer juste devant eux (et je les regarde dans mon rétroviseur pour voir leur air incrédule). Pê que je viens de comprendre pourquoi mon antenne a été arrachée :$
- Lorsque j'étais un jeune louveteau (ça fait déjà quelques décennies. *sanglots*), les mâles québécois faisait des blagues sur la conduites des femelles. Ayant demandé à ma mère leur raisonnement, elle m'expliqua que les femmes au Québec venaient de commencer à conduire en grands nombres et qu'elles conduisaient comme des novices.
...je vis donc au Québec de 1978.
Inévitablement, sur tout trajet, je vais croiser une femme voilée qui prendra 15 minutes à effectuer un stationnement autrement simple ou qui s'arrêtera en plein circulation pour répondre à son mobile (planté profondément dans sa bourse). Il est à noter que de parler au téléphone en conduisant ici se mérite un retrait de permis instantané. Cependant, il y aura toujours une poufiasse déconcentrée qui roulera à 25 km./h. sur la ligne du milieu en jacassant avec une autre poufiasse dans un autre recoin de la ville qui énerve tout autant les mâles derrière elle.
Les routes ont des trous, mais pas pire que dans ma terre natale (la plupart du temps). La circulation est bondée, mais je n'ai qu'à penser à la Métropolitaine entre 6 h 00 et 22 h 00 pour me remettre de ma rage. C'est frustrant de conduire ici, mais il y aura toujours des cons partout et, bon, j'ai été bien entraîné pour leur faire face (et leur faire vider leurs intestins dans leurs culottes :D). Je ne regrette pas de m'être acheté une auto.
vendredi 6 février 2009
Arg.
Je viens de me faire une entrecôte délicieuse recouverte d'oignons caramélisés et des asperges.
...et j'ai des rencontres demain toute la journée avec les cadres supérieurs du ministère du commerce.
...et je viens de me souvenir (ça faisait un bout que je n'ai pas mangé) que les oignons frits me causent des flatulences AFFREUSEMENT arômatiques.
À lire les conséquences de mon idiotie demain.
...et j'ai des rencontres demain toute la journée avec les cadres supérieurs du ministère du commerce.
...et je viens de me souvenir (ça faisait un bout que je n'ai pas mangé) que les oignons frits me causent des flatulences AFFREUSEMENT arômatiques.
À lire les conséquences de mon idiotie demain.
Réconciliation (bin oui)
Je suis une personne sadique. Pour le bien et pour le mal.
Lorsqu'on me fait disjoncter, je deviens dur. Je ne tolère pas qu'on manque de respect envers moi et lorsque je me sens dénigré, je vais me refermer et je vais me ficher du mal que ça peut faire à autrui.
Heureusement, j'en suis conscient, donc ça me prend beaucoup avant de disjoncter. Je reste rationnel et calme, mais ça a souvent pour effet d'aggraver la rage de ma partenaire qui voit son mec relaxe et, donc, malin.
Je note que je n'ai jamais été violent avec qui que ce soit de ma vie, à moins que ce ne soit dans un milieu sportif ou au lit (dans ces deux cas, il y a complicité et même attente à la violence et on est déçu s'il n'y en a pas ou pas assez, alors ça va).
Samia, hier soir, a courbé l'échine et m'a appelé. Je lui ai donné rendez-vous cet après-midi en présumant qu'à 50 % j'allais la voir quitter en larmes et ne plus la revoir. En la voyant à la porte lorsqu'elle est arrivée, j'ai gardé un air sévère, mais j'avoue que je ne voulais pas la perdre.
Nous avons établi des bornes et j'espère que nous saurons les respecter. Nous avions tous les deux des torts (par défaut, un conflit a deux côtés) et nous les avons étalés, question de les détruire.
Samia a une crainte abominable d'être rejetée. Moi, j'ai vécu tellement de rejets que j'en suis résistant. Elle n'est pas, au premier abord, une fifille archi-vulnérable, mais je semble lui avoir craqué sa carapace et elle a peur.
À voir où ça va mener. Je sais que j'ai rarement rencontré une fille avec qui j'ai une telle complicité. J'espère amadouer mon sadisme, mais je sais que je ne peux pas changer mon côté cartésien (et elle me le reproche). Bref, nous sommes ensemble et j'ose croire que nous pourrons respecter nos limites mutuelles le temps de bâtir la relation.
Lorsqu'on me fait disjoncter, je deviens dur. Je ne tolère pas qu'on manque de respect envers moi et lorsque je me sens dénigré, je vais me refermer et je vais me ficher du mal que ça peut faire à autrui.
Heureusement, j'en suis conscient, donc ça me prend beaucoup avant de disjoncter. Je reste rationnel et calme, mais ça a souvent pour effet d'aggraver la rage de ma partenaire qui voit son mec relaxe et, donc, malin.
Je note que je n'ai jamais été violent avec qui que ce soit de ma vie, à moins que ce ne soit dans un milieu sportif ou au lit (dans ces deux cas, il y a complicité et même attente à la violence et on est déçu s'il n'y en a pas ou pas assez, alors ça va).
Samia, hier soir, a courbé l'échine et m'a appelé. Je lui ai donné rendez-vous cet après-midi en présumant qu'à 50 % j'allais la voir quitter en larmes et ne plus la revoir. En la voyant à la porte lorsqu'elle est arrivée, j'ai gardé un air sévère, mais j'avoue que je ne voulais pas la perdre.
Nous avons établi des bornes et j'espère que nous saurons les respecter. Nous avions tous les deux des torts (par défaut, un conflit a deux côtés) et nous les avons étalés, question de les détruire.
Samia a une crainte abominable d'être rejetée. Moi, j'ai vécu tellement de rejets que j'en suis résistant. Elle n'est pas, au premier abord, une fifille archi-vulnérable, mais je semble lui avoir craqué sa carapace et elle a peur.
À voir où ça va mener. Je sais que j'ai rarement rencontré une fille avec qui j'ai une telle complicité. J'espère amadouer mon sadisme, mais je sais que je ne peux pas changer mon côté cartésien (et elle me le reproche). Bref, nous sommes ensemble et j'ose croire que nous pourrons respecter nos limites mutuelles le temps de bâtir la relation.
jeudi 5 février 2009
Suis-je célibataire?
Il a été noté sur ce blogue que j'avais rencontré la petite Samia à des soirées qu'elle organisait. En réalité, ça a pris deux semaines de flirts et de messages acheminés par des entremetteuses avant qu'il ne soit clair que je puisse lui envoyer un SMS l'invitant à souper sans que je craigne de me faire rejeter.
(...oui, je suis mauviette et timide quand une fille me plaît pour plus que du charnel ponctuel. Gnan).
Il m'est difficile d'écrire ce feuilleton tout en respectant la vie privée d'une femme que j'aime encore beaucoup. J'espère que je réussirai à faire l'équilibre entre son seuil de tolérance face au dévoilement de nos difficultés et mon désir de me vider d'une bile infectée puante et autrement véreuse.
Samia est venue me visiter un soir à la fin novembre après nos simagrées de couple-en-devenir. Je ne pouvais pas aller à sa soirée, car j'étais enrhumé (et un rhume masculin est une maladie affreuse qui requiert une attention particulière d'une femelle câline, sinon est elle fatale à 87 %). Elle s'est assise sur mon divan, moi sur ma chaise de salon, et elle m'a expliqué tout à fait sèchement (bon, ce mot est plus ou moins approprié, mais vous comprenez) qu'elle a vécu une peine d'amour difficile à une époque tout de même assez lointaine, que je lui plaisais beaucoup et qu'elle va exiger une preuve de mes intentions romantiques envers elle après un certain temps, car sinon elle ne «perdra pas son temps».
(Notons que la franchise féminine est d'une rareté étonnante et, étant une personne des plus franches et cartésiennes, elle n'aurait pas pu mieux me séduire si elle avait dénudé son ample et ferme poitrine et m'y avait fourré mon museau plein de substances gluantes).
J'ai répliqué que je viens d'une société où les femmes et les hommes se fréquentent librement selon leurs bonnes intentions sans contraintes sociétales et que, puisque j'ai fréquenté un certain nombre de femmes sans contraintes sociétales, je pouvais lui affirmer que l'«Amour Potentiel» tout à fait délicieux au premier abord va, habituellement, se transformer en zombie dévoreur d'estime de soi et de volonté de vivre à l'intérieur de quelques mois, semaines ou jours (selon le cas) si l'on est pas compatibles. Que le fait que je lui sois plaisant après trois rencontres platoniques dans des lieux publiques ne veut PAS dire qu'elle aura le privilège de ressentir mon dernier souffle sur sa joue, entourée de nos dix-sept enfants.
Manifestement, il y avait un conflit culturel.
Le sujet de nos fiançailles s'est pointé régulièrement au cours de notre fréquentation (qui a duré deux mois. Note aux lecteurs canadiens : non, je ne niaise pas. C'est comme ça ici on dirait). Tout ce que j'ai pu faire, si je désirais rester honnête et non pas profiter de son corps et lui dire ce qu'elle voulait entendre à la manière typiquement méditerranéenne, c'est de lui promettre que SI nous sommes encore ensembles à la fin de mon contrat et que je devrai retourner dans mon pays enneigé (non, je n'ai pas hâte de revoir la neige. Les journées de 20° en février m'engendrent une extase qu'aucun Algérien ne puisse comprendre), je ferai ce que je devrai (sans doute la marier. Arg. En tant qu'homme divorcé, j'espérais ne JAMAIS devoir repenser à une telle chose horripilante) pour la ramener chez moi (elle aimerait bien habiter au Québec - sa soeur vient d'émigrer et aime bien MALGRÉ les froids records).
Cette promesse ne lui fut pas suffisante. Elle craint fréquenter un joli petit châtain (qui perd rapidement ses bourrelets! Je travaille assidument et violemment à la salle de sports et les résultats se font voir plus rapidement que prévu. *schling*) pendant 18 mois et de le perdre, donc perdre 18 mois de sa délicieuse jeunesse et vivre une peine d'amour foudroyante.
Je comprends et je compatise avec ses craintes. Elle a de la difficulté à faire confiance à un homme après ses déboires avec son ex. Malheureusement, j'ai mes propres antécédants et je ne peux pas lui offrir plus sans être fondamentalement malhonnête (j'ai cette étrange conception de l'amour de par laquelle on ne devrait pas IMPOSER des fiançailles à quiconque. Mouaip. Étrange).
Bref, hier nous nous sommes querellés dans la voiture après une soirée amusante et j'ai disjoncté. Elle m'a déposé et nous ne nous sommes pas reparlés. Si je connais bien la victime de mes impulsions sado-affectueuses de ces deux derniers mois, elle s'entêtera. Malheureusement, je suis honnête, fidèle à mes valeurs et AFFREUSEMENT orgueuilleux.
Il y a une impasse qui ne pourra jamais être résolue sans qu'elle ne me fasse confiance ou qu'il n'y ait mariage. L'ironie, c'est que pour moi un mariage n'est pas du tout un gage d'amour éternel; que la communication et la complicité (qu'on doit BÂTIR, sans obligations sociétales) est la meilleure façon de désamorcer les craintes de se faire rejeter.
Surtout, ayant déjà vécu le bris avec l'amour de ma vie, il n'y a aucune façon de se prémunir contre une peine d'amour. On doit, à un certain moment, faire confiance et sauter à pieds joints si on veut trouver notre Partenaire de Vie.
En bref, je ne crois pas qu'il soit possible de lui donner ce qu'elle désire profondément : un Homme Parfait et une carte de sortie de la prison qu'est l'abri parental algérien. Je crois donc que je suis célibataire.
...la tragédie, c'est que les effets salutaires de la salle de sports alimentent aussi la libido d'un Loup inassouvi. Je crains de violer Alf une nuit de pleine lune hormonale. Ouâche.
(...oui, je suis mauviette et timide quand une fille me plaît pour plus que du charnel ponctuel. Gnan).
Il m'est difficile d'écrire ce feuilleton tout en respectant la vie privée d'une femme que j'aime encore beaucoup. J'espère que je réussirai à faire l'équilibre entre son seuil de tolérance face au dévoilement de nos difficultés et mon désir de me vider d'une bile infectée puante et autrement véreuse.
Samia est venue me visiter un soir à la fin novembre après nos simagrées de couple-en-devenir. Je ne pouvais pas aller à sa soirée, car j'étais enrhumé (et un rhume masculin est une maladie affreuse qui requiert une attention particulière d'une femelle câline, sinon est elle fatale à 87 %). Elle s'est assise sur mon divan, moi sur ma chaise de salon, et elle m'a expliqué tout à fait sèchement (bon, ce mot est plus ou moins approprié, mais vous comprenez) qu'elle a vécu une peine d'amour difficile à une époque tout de même assez lointaine, que je lui plaisais beaucoup et qu'elle va exiger une preuve de mes intentions romantiques envers elle après un certain temps, car sinon elle ne «perdra pas son temps».
(Notons que la franchise féminine est d'une rareté étonnante et, étant une personne des plus franches et cartésiennes, elle n'aurait pas pu mieux me séduire si elle avait dénudé son ample et ferme poitrine et m'y avait fourré mon museau plein de substances gluantes).
J'ai répliqué que je viens d'une société où les femmes et les hommes se fréquentent librement selon leurs bonnes intentions sans contraintes sociétales et que, puisque j'ai fréquenté un certain nombre de femmes sans contraintes sociétales, je pouvais lui affirmer que l'«Amour Potentiel» tout à fait délicieux au premier abord va, habituellement, se transformer en zombie dévoreur d'estime de soi et de volonté de vivre à l'intérieur de quelques mois, semaines ou jours (selon le cas) si l'on est pas compatibles. Que le fait que je lui sois plaisant après trois rencontres platoniques dans des lieux publiques ne veut PAS dire qu'elle aura le privilège de ressentir mon dernier souffle sur sa joue, entourée de nos dix-sept enfants.
Manifestement, il y avait un conflit culturel.
Le sujet de nos fiançailles s'est pointé régulièrement au cours de notre fréquentation (qui a duré deux mois. Note aux lecteurs canadiens : non, je ne niaise pas. C'est comme ça ici on dirait). Tout ce que j'ai pu faire, si je désirais rester honnête et non pas profiter de son corps et lui dire ce qu'elle voulait entendre à la manière typiquement méditerranéenne, c'est de lui promettre que SI nous sommes encore ensembles à la fin de mon contrat et que je devrai retourner dans mon pays enneigé (non, je n'ai pas hâte de revoir la neige. Les journées de 20° en février m'engendrent une extase qu'aucun Algérien ne puisse comprendre), je ferai ce que je devrai (sans doute la marier. Arg. En tant qu'homme divorcé, j'espérais ne JAMAIS devoir repenser à une telle chose horripilante) pour la ramener chez moi (elle aimerait bien habiter au Québec - sa soeur vient d'émigrer et aime bien MALGRÉ les froids records).
Cette promesse ne lui fut pas suffisante. Elle craint fréquenter un joli petit châtain (qui perd rapidement ses bourrelets! Je travaille assidument et violemment à la salle de sports et les résultats se font voir plus rapidement que prévu. *schling*) pendant 18 mois et de le perdre, donc perdre 18 mois de sa délicieuse jeunesse et vivre une peine d'amour foudroyante.
Je comprends et je compatise avec ses craintes. Elle a de la difficulté à faire confiance à un homme après ses déboires avec son ex. Malheureusement, j'ai mes propres antécédants et je ne peux pas lui offrir plus sans être fondamentalement malhonnête (j'ai cette étrange conception de l'amour de par laquelle on ne devrait pas IMPOSER des fiançailles à quiconque. Mouaip. Étrange).
Bref, hier nous nous sommes querellés dans la voiture après une soirée amusante et j'ai disjoncté. Elle m'a déposé et nous ne nous sommes pas reparlés. Si je connais bien la victime de mes impulsions sado-affectueuses de ces deux derniers mois, elle s'entêtera. Malheureusement, je suis honnête, fidèle à mes valeurs et AFFREUSEMENT orgueuilleux.
Il y a une impasse qui ne pourra jamais être résolue sans qu'elle ne me fasse confiance ou qu'il n'y ait mariage. L'ironie, c'est que pour moi un mariage n'est pas du tout un gage d'amour éternel; que la communication et la complicité (qu'on doit BÂTIR, sans obligations sociétales) est la meilleure façon de désamorcer les craintes de se faire rejeter.
Surtout, ayant déjà vécu le bris avec l'amour de ma vie, il n'y a aucune façon de se prémunir contre une peine d'amour. On doit, à un certain moment, faire confiance et sauter à pieds joints si on veut trouver notre Partenaire de Vie.
En bref, je ne crois pas qu'il soit possible de lui donner ce qu'elle désire profondément : un Homme Parfait et une carte de sortie de la prison qu'est l'abri parental algérien. Je crois donc que je suis célibataire.
...la tragédie, c'est que les effets salutaires de la salle de sports alimentent aussi la libido d'un Loup inassouvi. Je crains de violer Alf une nuit de pleine lune hormonale. Ouâche.
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