dimanche 18 janvier 2009

Un voleur

Eh bin. Ça a l'air qu'après avoir monté du fil barbelé sur le mur arrière de la villa, on s'est attiré un voleur qui est passé par le mur juste en-dessous de ma chambre.

Il est entré chez Nawel, car il y avait des fenêtres d'ouvertes (notre femme de ménage les a ouvertes pour faire sècher). Je n'ai rien entendu (non, je n'ai pas bu hier, chers sceptiques. Gnaaann), mais ça a l'air qu'à 4 h 00 Nawel a gueulé lorsqu'elle a vu le mec et il a bondé en bas de chez elle, a sauté par-dessus le mur et est tombé sur la chaussée. C'est le mur qu'on voit à l'ouverture du vidéo de ma villa (quand j'ai mon air *schling*). L'équivalent de deux étages. Disons que le mec est un singe.

...et l'hostie de chien qui jappe jour et nuit n'a rien fait. J'vais l'croquer.

Réda a entendu Nawel crier et a vu sauter le jeune homme. Il y a des traces de pas et les voisins ont vu aussi (on ne peut rien cacher à des voisins algériens). La police est arrivée en cinq minutes et a déjà le nom du suspect (bien entendu, s'il savait que les fenêtres étaient ouvertes, c'est un mec du coin). Je regardais le balcon de ma chambre et il est clair que si quelqu'un veut entrer, il le peut. Heureusement, je n'ai rien à voler, alors si un voleur n'est pas là pour me faire du mal, j'aurais pê l'opportunité de lui en faire. Après l'avoir ligoté avec le plus beau chanvre roumain, j'inviterai Réda et on se paiera une fête.

...bref, je ne fermerai pas mes portes cet été. Tant pis.

Ça a l'air qu'on va avoir du fil barbelé tout le tour de la place. Ça fait cinq ans qu'on habite dans la villa et il n'y a jamais eu de problèmes. Le petit Canadien attire de l'attention. Hm.

vendredi 16 janvier 2009

Entraînement et la Madrague

Nota : j'aurai de la misère à taper ce message. Je me suis entraîné assez assidûment cette semaine et j'ai MAAAAAAAAAAALLLL!!!! (J'ai même fait une version algérienne de ma salade de légumineuses, question de slaquer sé steaks et sé côtelettes d'agneau; celles avec les queues de graisse délicieuses. On n'a pas ça au Québec. Moche, mais tant mieux pour nos instituts de cardiologie).
Disons que mon corps était bien dans son immobilisme suicidaire-oisif. Le fait que j'ai maintenant une jeune femelle qui doit le tâtonner et, pire, le regarder sans recouvrement me mène à me torturer afin de retrouver une forme vaguement potable auprès des hétérosexuelles (ou, téka, celles qui ont une vague attirance envers les mâles. 'jamais compris l'hétérosexualité féminine).
Hier et aujourd'hui, je me suis levé à une heure abominable, mais tout à fait tardive pour mon moi Montréalais (je me levais à 6 h 15 les fds à l'époque, question d'aller au gym. Ici, ça ouvre à 9 h 00, alors je dois patienter en ronflant). La salle de sport ressemble vaguement à celle du CÉGEP Édouard-Montpetit en 1988, avant sa rénovation qui a suivi mon départ de l'équipe de foot en 1993. L'arôme est le même. Les seules vraies différences sont que j'ai maintenant un lecteur MP3 sur mon bras et les machines sont encore plus rabougries qu'à l'époque (aucune machine de bench-press, aucun tapis roulant, le poids à main le plus lourd pèse 10 kilos et le pec-deck manque un des coussins pour les bras. Au moins ce n'est pas cher - l'équivalent d'un abonnement au Nautilus Plus dans mon ancien pays. Arg).
(Il y a trois gyms dans un rayon raisonnable de ma résidence, et les deux autres me coûteraient l'équivalent de 1 500 $ par année. Mettons que je toffe le 38 piâsses par mois pour ce que j'ai).
Bref, aujourd'hui je ne peux pas lever mes bras sans souffrances affreuses et masculines, mais après cinq visites en huit jours, mes vieux muscles revivent. Il me reste encore trois mois avant de voir une réelle différence au niveau (note à la Sorbonneuse. J'ai checké. «Au niveau de» semble être correct. Gnan) de mes bourrelets, mais les épaules, les biceps et la poitrine commencent déjà à gonfler d'une manière tout à fait convenable. Le fait que je ne peux pas faire signe au serveur pour une eau pétillante (nomenclature d'ici) sans me crisper entièrement et, du fait, évacuer des flatulences accidentelles induites par un système digestif qui n'est plus habitué aux haricots ne m'importe pas trop.
Et, justement, je suis retourné à la Madrague aujourd'hui. C'est devenu une quasi-tradition aux vendredis après-midis. Pendant que les Croyants font leur prière entre midi et 14 h 00, Nawel et moi rencontrons des amis sur le bord de mer algérois.
Voici les photos (comme toujours, je vous demande pardon si le texte ne fitte pas exactement avec les images. J'ai été chanceux la dernière fois. Nous verrons) :

La très jolie Feriel. À vrai dire, c'était à ma précédente visite à la Madrague, mais bon. Elle est jolie (et on voit vaguement un toton à Samie dans l'arrière-plan, alors il me fallait afficher la photo. Ma délicieuse n'aime pas se montrer).

Voici Réda. Il habite Québec et il est venu passer deux semaines à la chaleur algérienne avant de retourner à son poste d'infirmier à l'institut cardio-pulmonaire de la troisième ville québécoise. Moins 35 mon gros.
...notons qu'il porte des manches courtes. Il est encore plusse Canadien que moi. Samia m'a interdit de porter mes shorts en «hiver» lorsqu'on est ensemble, question de ne pas TROP paraître cave.
Le port de la Madrague. Assez joli quand même, non?

Les jetskieux indiquent qu'il ne fait pas du tout -35 ici.
GNNNNNNAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAANNN.
(Il y a des moments que mon pays me manque affreusement. Ensuite, je me rappelle les bancs de neige de mars dernier. Je vais passer mes deux hivers ici en souriant).

lundi 12 janvier 2009

Internet impossible, et nouveau ministère

Bonsoir aux lecteurs qui restent,

Mon Internet m'est tout aussi fidèle que l'était mon ex-épouse (blague. J'ai confiance qu'elle ne m'eut jamais trompé, car c'est ce qu'elle m'a dit. Sérieux. Même si elle a emménagé avec un ami à moi dix jours après notre séparation. On dit que les hommes aux belles fesses sont crédules. Tant pis) et ce blogue patine dans l'vide. J'ai passé une journée tout à fait marquante, alors il me fallait prendre le temps de rédiger un feuilleton.

J'ai terminé mon séjour au ministère de la culture, un palais situé à dix minutes de chez moi, pour aller au ministère du commerce. Question de donner une vague idée aux Montréalais, c'est comme si un résidant du Centre-sud avait à travailler à Vaudreuil. Genre. Qui plus est, mon chauffeur de taxi n'était pas disponible ce matin et il n'a pas pu se faire remplacer (c'est la première fois qu'il me laisse tomber). Il me fallait donc trouver une agence perdue dans le fin fond oriental du littoral algérois après y avoir été une seule fois (je me dois de rédiger une oeuvre sur la conduite à Alger. Hormis les chauffards, suffit de savoir que cette ville est un labyrinthe avec aucune droite et qu'un faux virage mène à une désorientation abjecte qui n'a de parallèle qu'aux rebords d'un trou noir selon la physique théorique).

Face à une situation désespérée, ma stratégie fut donc simple. On était dimanche soir. Il y avait du football à la télé. J'allais boire quelques bières - juste assez pour me sonner, mais sans séquelles graves au lendemain - manger une bonne bouffe (HOS-TIE que je suis heureux d'avoir mes épices pour ma marinade à steak), arrêter subitement de boire le temps de manger un gros dessert, ce qui coupe de goût de la bière (mon moi alcoolique se connaît bien. Socrate aurait été fier de lui) et faire le grand dodo qui survient inévitablement après que le down de bière s'installe.

...messu couché à 8 h 20. Pas si pire.

J'avais mis le cadran pour 5 h 00, question me mettre sur la route avant les embouteillages qui rendent la recherche vague d'un endroit inconnu tout à fait impossible. Heureusement, je me suis réveillé à 3 h 20 (habituellement, la bière m'engendre un réveil nocturne qui doit être assouvi par deux cigarettes et un jeu de patience sur Windows avant que je ne puisse me rendormir). Étant parfaitement éveillé, j'ai compilé les statistiques de mon pool de foot (note aux lecteurs algériens : je ne peux pas traduire ce concept, alors passez), je me suis occupé de mes pulsion matinales masculines d'une manière convenable, car j'avais le temps (note aux lecteuses : il faut un pénis pour la comprendre celle-là. Présumez que je me suis mis de la peinture de guerre et que j'ai beuglé comme un Loup en rut à la façon des amis à Mel Gibson dans Braveheart. Très sexy), je me suis douché en mettant une emphase savonnée sur mon bas-ventre et je me suis mis sur la route à 5 h 20.

Le fait qu'il faisait encore noir n'a rien aidé. Les quelques tronçons qui m'étaient familiers ont été vus à la lumière diurne. La nuit, quand on n'est pas trop certain de notre trajet dans une ville inconnue dont les planificateurs routiers ont pour SEUL désir de fourrer solidement un pauvre petit Canadien sympa, on a tendance à se perdre. Une fourche tout à fait anodine que je connais relativement bien m'a causé une panique abjecte avant même d'être arrivé à l'autoroute.

M'entéka, à la pluie battante, j'ai réussi à me retrouver. Il m'a fallu crisser les freins en pleine autoroute avec aquaplanage de voiture chinoise pourtant dotée de freins ABS, mais j'ai trouvé la bonne bretelle. Aha. Maintenant je suis en territoire inconnu.

Je savais que j'allais être au bon endroit si la route était réduite à une voie et demie (les Algériens, magnifiquement, réussissent à trouver de la place pour deux voies avec une troisième pour les anus qui coupent. Une chance que mes 19 années de conduite à Montréal ont servi à quelque chose) pour un éternel chantier d'un tramway qui a été promis à la population avant ma naissance. Mouaip. Y'a des parallèles en masse entre le Québec et l'Algérie.

J'ai retrouvé le chantier, alors j'ai continué dans la direction mémorisée la veille lorsqu'on m'a chauffé (note aux Québécois : j'ai fait esclaffer le DG de l'agence où on m'a casé pour mon séjour actuel en disant qu'il faudrait quelqu'un pour chauffer mon assistante à chaque jour. Ce n'est PAS le genre de mec qui va faire pipi dans ses pantalons pour rien - genre de vieux vétéran du monde diplomatique mercantile d'un pays où les DG sont tous des vieux vétérans qui ont ce stoïcisme requis pour gravir les échelons au service de l'état afin de devenir vieux vétérans - alors il a fallu que mon québécisme à l'endroit de ma jeune et délicieuse et voilée partenaire de travail soit particulièrement bien placé et percutant) à l'endroit. De jour.

Le chantier couvrait, malheureusement, pas mal toutes les artères du coin. Je croyais avoir trouvé le bon endroit - je savais qu'il me fallait tourner à droite à un rond-point (les feux de circulation de l'Amérique n'ont jamais été adoptés de ce côté-ci de l'Atlantique, pour le bien et pour le mal. Mettons que j'ai vite acquis l'habileté de bloquer, de foncer et de mettre en péril mon intégralité physique bien plus rapidement que ce qu'auraient voulu mes entraîneurs lorsque je jouais au football). Malheureusement, après trois kilomètres de chaussée poquetée, j'ai fait face à une impasse. Heureusement, après m'être perdu à tant de reprises, j'ai repéré une manière d'enfreindre à une douzaine de lois qui ont pour pénalité le retrait immédiat du permis (n'ayez crainte, ici on retire le permis pour des banalités - du genre, traverser une ligne pleine, excès de vitesse, homicide véhiculaire involontaire sur un mendiant - qui passent inaperçus à Montréal ou, au pire, qui se méritent une minable contravention) et j'ai pu revenir sur mes pas.

Malheureusement, la droite n'offrait que le vide, alors j'ai retracé mes pas jusqu'à l'autoroute. Voyant que je n'ai pas manqué de virage, je me suis arrêté et j'ai demandé au gentil policier (ils sont généralement gentils avec les Canadiens. Même lorsqu'on coupe sur une ligne pleine pour éviter un rond-point et l'embouteillage éternel, chose qui vaudrait l'exécution sur la place publique pour l'Algérien moyen. Je l'ai fait hier et j'ai été contrôlé sans répercussions. J'me sens invincible. I'm CANADA-MAN! *schling*) comment me rendre à la Route Nationale No 5. Après avoir consulté ses deux collègues, il m'a dit de me rendre dans la direction contraire et de «passer le pont» (du moins, c'est ce que j'ai compris de ses paroles peu compréhensibles, mais il pleuvait à boire deboutte, alors messu dit que je me suis déjà fourré dans mes directions et que je devrais l'écouter. J'ai déjà été fourré par les directions des policiers aussi, alors j'étais un tantinet sceptique. Surtout qu'il ne semblait pas avoir la moindre idée où était située la Route Nationale No 5.

J'ai passé l'autoroute de l'autre bord et j'ai vite vu que ça n'avait aucun sens et que j'étais perdu grave. J'ai ENFIN pu trouver un endroit où traverser les tracques de tram qui bloquaient tout virage potentiel de 180°, mais aucune façon de rebrousser chemin. Je devais prendre une toute nouvelle ruelle et tenter de revenir.

J'ai zigonné et j'ai trouvé un Boulevard. Je suis allé dans la direction contraire à celle désirée (j'allais vers le centre-ville). J'ai ensuite réussi à me trouver une bretelle et de passer en-dessous de leur version de Taschereau au niveau de Curé-Poirier (mouaip. Longueuillois le mec. Un Vrai Montréalais aurait mentionné Crémazie et St-Michel) pour revenir sur mes pas. Ayant pour désir de retrouver l'artère sur laquelle j'étais précédemment et après avoir roulé un boutte, j'ai pris une sortie qui semblait avoir de l'allure. Malheureusement, le traffic me fonçait dessus dans la direction désirée, qui s'est avérée être un sens unique. J'ai donc pris une AUTRE branche (il y en avait deux qui convergeaient au boulevard). Je me suis retrouvé dans un labyrinthe résidentiel sans grandes artères et j'ai tourné en rond pendant 10 minutes en tentant de retrouver mon artère du début. ARRRRRRRRRRRRGG

...enfin, je suis revenu sur le Boulevard (pas du tout ce que je voulais, mais bon, au moins c'est une ligne droite). Dans la mauvaise direction, bien entendu. J'ai continué jusqu'à la bretelle de tantôt, question de revenir et pê prendre le rond-point qui suit celui que j'avais pris précédemment. La pluie était devenue torrentielle et l'éclairage de la route était vaguement parcimonieuse. J'avais aussi remarqué que j'avais de la compagnie sur les routes. 6 h 00. Bientôt, les artères seraient sclérosées. Et je ne pourrais plus chasser à ma guise.

Le prochain rond-point n'est jamais venu. Il y a eu toutefois un point de contrôle policier ('faut comprendre qu'il y a en partout icitte. Imagine l'humeur d'un agent qui doit passer la nuit debout à la pluie à 3 degrés - cazzoù qu'il y aurait un barbu qui voudrait faire sauter un édifice de l'état ubique préférablement bondé de monde - et qui se fait aborder par un Canadien perdu. Ouille). Je lui ai demandé s'il parlait français après mon «salaam alikoum» tordu par une langue habituellement si habile avec les prononciations étrangères (il faut comprendre que les policiers d'Alger sont recrutés auprès des décrocheurs et que les jeunes d'ici n'ont pas la maîtrise de notre langue qu'ont eu leurs aïeux), et il m'a référé à son collègue. J'ai montré au collègue la carte de visite du DG de la veille. Algex. Route Nationale No 5. Le collègue m'a dit «Algex»?? en montant la main, signe universel de détourner le regard dans la direction indiquée.

Là, à la pluie impitoyable, il y avait une TABARNAK de majestueuse d'enseigne illuminée en bleu. Algex. Le Boulevard ÉTAIT la Route Nationale No 5. Notons que les agences gouvernementales ne se paient pas habituellement les enseignes en néon qui surplombent un quartier. Une CRISSE de chance qu'il y a eu un DG à un moment donné qui, épris d'un égo mégalomane, voulait faire flasher l'importance de sa société para-gouvernementale. Le policier m'a ensuite demandé comment j'aimais ma voiture chinoise. Il a la même et on a passé cinq minutes à la pluie à jasotter de notre char.

...il a fallu que je fasse deux kilomètres dans le sens contraire afin de trouver un rond-point (celui que j'ai cherché au début et que je n'ai jamais trouvé) pour faire demi-tour. J'ai aussi réussi à trouver l'entrée (il n'y a pas d'entrée directe pour l'agence. 'faut prendre celle d'AVANT). À 6 h 20, j'étais en train de griller une cloppe avec de la musique violente sul' CD. Fier de m'être retrouvé. CÂÂÂÂÂLISSE que j'ai d'la marde au cul me disais-je. Il ne me reste qu'à attendre l'arrivée du gardien en chef, à 7 h 00.

Messu orviré à m'ment donné et un jeune Algérien me regardait du côté du passager. J'ai gueulé, sentant un sursaut cardiaque qui, si je maintiens mes habitudes de vie actuelles, va m'être fatal dans treize courtes années. Il tentait de me demander quelque chose et je présumais qu'il était un quêteux. Puisqu'il n'y avait personne autour, j'étais mal pris s'il voulait me faire du mal.

En fin du compte, il me demandait si j'étais «Éric». Il avait été briefé de mon arrivée. C'était Nazil, le gardien de nuit. Il m'a ouvert la barrière et m'a indiqué que je pouvais prendre un café au resto de l'autre côté de la Route Nationale No 5. J'y suis allé. Jamais un café avec un petit pain au chocolat n'aient été aussi délicieux.

...là, y reste juste à retrouver le Boulevard demain matin, TABARRRRRRRRRRRNAK!!!!!!! Time for beer and dessert.

mardi 6 janvier 2009

Bouffe algérienne

Je suis seul ce soir. Sammie est chez ses parents. Je viens de manger une BONNE entrecôte (il me faut aller au boucher à Ben Aknoun plus souvent) et j'ai cliqué sur mon blogue. Je n'ai pas grand chose à dire, alors j'ai choisi un sujet qui mûrit depuis un certain temps mais qui accouche prématurément je crains : la bouffe.

Dire que je connais le manger algérien serait une vaste exagération. Comme on oserait croire, les Algériennes sont Méditérranéennes. Leur fièreté provient de la qualité de la bouffe qu'elles servent à leurs meutes (d'abord au papa, ensuite au fils, ensuite aux femelles. Mouaip). J'ai entendu parler de délices qui m'échappent toujours (pas encore mangé le bouzelouf très épicé des Berbères Kabyles. C'est le crâne brûlé du mouton pour les Canadiens. Les yeux restes intacts et c'est bouilli. Mouaip), alors je vais commenter sur ce que je connais avec le bémol que je ne connais rien.

En premier lieu, en quittant Montréal je m'attendais à un festin monumental de ma viande préférée (l'agneau) et de mon épice préférée (le cumin). Malheureusement, je n'ai pratiquement pas goûté de cumin ici, et on préfère le mouton à l'agneau. De toute façon, bien que je mangeais qu'occasionnellement du porc cheu nous, je TUERAIS pour des côtes levées.

Il faut comprendre qu'il n'y a pas de chaînes de restaurants ici. Soit qu'on va dans un Grand Resto, soit qu'on arrête dans un «fast food» dont le nom commence pratiquement toujours par «Mc». 'voyez, on ne fait pas partie de l'OMC, alors il n'y a aucune protection des marques de commerce. Je vous assure que le McQuinze n'a rien à voir avec nos McDo.

(Attends, je me reprends : il y a UNE chaîne de restos. Les Quick. Burgers à l'Américaine, mais la chaîne vient de la Belgique. Mon Australien et moi y avions mangé le 1er novembre (fête algérienne de l'indépendance). Une chance que c'était férié le lendemain. Les burgers étaient à peine mangeables et nous avions été malades comme des chiens - lui plus que moi - fébriles pendant 24 heures, grelottants sous la couette de l'hôtel. Pas hotte. N'y mangez jamais si vous tenez à ne pas corrompre votre flore intestinale avec des méchantes bibittes a burgers).

M'entéka, pour commencer par le bon, les Algériens mangent bien. La bouffe est relativement santé (nonobstant le mouton gras). Ils se servent beaucoup de légumineuses, notamment les pois chiches, comme source de protéines. Puisque j'adore les haricots secs, ça me va parfaitement. Les salades sont généralement débiles. Un hors-d'oeuvre standard pré-repas à la plupart des restos, c'est la salade aux piments. Assez relevé, ça se mange avec un bout de pain avec lequel on picosse un bout de la salade enduite d'huile d'olive. Je mange habituellement une assiette à moi tout seul (ça devrait suffire pour quatre personnes). Aussi, la Harissa est la sauce typique qui remplace le ketchup dans les pays du Maghreb. On le retrouve à Montréal et je m'en servais, mais maintenant je suis en extase et je le mets sur TOUT. Elle est TRÈS pimentée et savoureuse. On me regarde étrangement quand je la mets dans ma soupe à la cantine du Ministère de la ure.

Justement, la cantine. À tous les lunchs, j'y mange avec mes vieux collègues gribous et drôles. Ça coûte moins qu'un dollar canadien, et de toute façon on paie toujours pour moi (je suis leur invité. On me laisse habituellement payer le café après. L'équivalent de 30¢ pour un expresso tout à fait visqueux. JAMAIS je ne voudrai reboire du Tim Hortons. J'adore le café d'ici, bien qu'il me rende ENCORE PLUS hyperactif :P). La bouffe y est toujours simple mais super bonne et santé (le potage aux lentilles avec deux cuillérées de Harissa mangé sur la baguette omniprésente - elle coûte 20¢ aux superettes et est parfaite - me fait un effet de Viagra. J'en mangerais 24/7).

Il y a aussi le couscous que j'adorais à Montréal et qui demeure le pâté chinois des Algériens. Ça me va amplement.

TOUTEFOIS : notons que certaines choses s'attaquent au palais d'un Canadien (et je tiens à noter que ce sont des PETITES choses, malgré la longueur des explications) :

- Le «petit lait». On prend le lait frais (qu'on ne retrouve pas dans les épiceries de toute façon. Ils ont malheureusement gardé leurs racines françaises en adoptant le lait en poudre reconstitué qui peut rester sur la tablette pendant des décennies) et on le laisse au soleil. Une fois qu'il y a des gros mottons, on passe par un tamis aux trous larges (question de laisser passer QUELQUES mottons) et on sert tiède. Voilà. Le petit lait. J'ai essayé une demie gorgée. Ça goûte comme on croirait. Heureusement, on ne le sert qu'aux occasions, alors ça va.

- Le poisson. Lorsqu'on veut un repas spécial, on va souvent sur le bord de mer prendre le poisson. Il vous faut comprendre que je viens de LONGUEUIL. Le seul poisson que je connais vient panée d'une boîte avec une photo du Capitaine Haddock en réel à l'air particulièrement pédéraste.

À ma première sortie aux restos sur le bord de la mer (à la «Madrague». J'y suis retourné souvent depuis. C'est un endroit magnifique, tant que je puisse avoir un bout de viande), je n'avais AUCUNE idée quoi prendre. Les amis se sont divisés deux énormes poissons de fond mer à l'allure de ce que je retrouve dans mon mouchoir lorsque je fais une sinusite, mais en plus gluant. Puisque je le devais, j'ai pris du rouget, un joli petit poisson rouge sympa.

...lorsque mes collègues ont reçu leurs plats, le serveur s'est installé et a méticuleusement dépecé la bête devant nous. Chacun a reçu un merveilleux morceau de chair blanche. Moi? On m'a apporté une assiette avec quatre poissons. Têtes. Écailles. Tout.

J'ai tenté, tant bien que mal, d'ouvrir et de trouver de la viande, à l'intérieur de mes cadavres autrement allumants pour un ichthyophile. À chaque bouchée, je me devais de recracher, de faire sortir les deux ou trois arêtes qui se trouvaient dans la motte mastiquée et, si je ne voulais pas mourir de faim, ravaler (je note ici que j'ai brièvement fréquenté une phagophobe qui aurait trouvé ça tout à fait normal. C'était une mince aux longs cheveux roux, peau blanche comme de la porcelaine et aux yeux de faon. M'entéka, même à ça, je n'ai pas toffé plus que quatre jours. 'faut croire que je ne suis pas ENTIÈREMENT superficiel). Bref, je ne m'y suis pas remis. L'espadon encore cru qu'on m'a servi quelques semaines plus tard n'a rien aidé.

- La richta. Des drôles de pâtes en serpentin sur lesquels on met une sauce claire et des mottes de poulet. J'ai payé l'équivalent de 35 $ pour un bol au Djenina (le resto préféré à l'Australien). Pas tout à fait valu la peine. D'ailleurs, depuis que je suis ici, mes goûts ont changé. Je n'ai plus AUCUN goût de volaille et je bois du Fanta Orange à tous les jours. Je haissais l'orangeade à Montréal et j'en buvais JA-MAIS. Oui, ils ont le Coca. Fouille-moi. Je ne peux pas m'en passer.

- La viande Halal. Bon, ça n'a rien à voir avec la méthode d'exécution des animaux (bien que mes collègues me disent que c'est BIEN plus sain de laisser l'animal se vider de son sang pendant qu'il est vivant et qu'il est BIEN plus cruel de l'assommer plutôt que de le faire mourir en voyant son sang se vider et que c'est DÉGUELASSE de manger de la viande où le sang s'est coagulé, même s'ils n'ont jamais goûté). Les steaks sont rouges et, ayant mangé des entrecôtes Halals à Montréal, je n'y vois aucune différence significative.

...le problème, c'est qu'ici, on laisse flâner les boeufs oisifs dans des prés, où ils peuvent marcher, courir, monter des vaches, etc. Chez moi, le mâle de la vache va passer son existence abrégée dans un enclos serré où il mange et chie et rien d'autre. Bref, l'entrecôte américaine est tendre et marbrée de gras. Surtout si on connaît son boucher et qu'il réserve une coupe à l'épaule. Ici, j'ai vu toutes sortes de morceaux de «viande» qui passent pour des «entrecôtes». Certains sont ronds. Arg.

Bref, l'entrecôte d'ici est une semelle. Mon boucher spécial qui est quand même loin de chez moi offre des beaux morceaux de viande, mais c'est l'équivalent de ce qu'on retrouve au IGA de Tétraultville. Les prix sont semblables toutefois, alors ça passe. Surtout que j'ai maintenant mes épices secrets envoyés par mon frère (je note : je dois faire tuer mon frère avant qu'il ne puisse dévoiler ma recette de marinade).

- Les fast food : OK, c'est un des toppes. Il y a ici des fast food un peu partout. Ils servent des sandwiches, des frites et des pizzas. Bon, les pizzas sont vaguement comestibles, à la croûte fine et molle et recouverts d'autres ingrédients avec parcimonie. Pas si pire. Les sandwiches sont faits de baguettes tout à fait délicieuses. Le plus populaire (il semblerait), c'est aux oeufs et aux frites. On y ajoute de la mayonnaise. J'ai mangé. C'est quand même bon, mais il faut avoir le goût de sentir son foie tenter de s'échapper de son infernale machine Matrixienne.

...et, bon, les frites.

Lorsque j'étais un petit Louveteau, les sacs de chips avaient parfois des taches noires. J'adorais les brûlées. Avec la venue de techniques de contrôle de qualité accrue dans les usines alimentaires, on pouvait séparer les «bons» chips de mauvais. On vendait ensuite à bon prix des sacs de croustilles «rejetées» (bien entendu, c'était débile. Un sac plein de chips bruns). Depuis les 20 dernières années, on peut produire des chips parfaits. Croustillants, mais sans AUCUNE saveur de pomme de terre.

Je fais mes frites «à la Éric». Ultra-brunes (mais tendres) à l'huile de pinotte, recouvertes de fleur de sel et de fines herbes (bon. Note personnelle, je dois tuer tous mes lecteurs, question de protéger ma recette). J'ai TELLEMENT hâte de retourner au Frites Alors sur Laurier.

Bref, les frites d'ici, même celles destinées aux sandwiches aux oeufs, sont BLANCHES. Si tu commandes une frite ici, tu dois t'attendre à une motte collante et huileuse de pâte à tarte en forme de frites inséparables.

Y'a du bon et du mauvais. Comme chez nous. Je vis bien alors je n'ai pas de plaintes.

dimanche 4 janvier 2009

Lunch à Tipaza

Il y a déjà quelques semaines, Nawel m'a invité à rejoindre la gang au Ali Bab, un joli resto sur la mer au Chenoua. Si vous retournez aux photos de ma visite aux ruines de Tipaza, le Chenoua est la grande montagne dans l'arrière-plan qui, dit-on, ressemble à une femme enceinte couchée sur le dos (bon. Mettons. Trouvez-moi une montagne qui ne ressemble pas au moins à une partie (ou plusieurs parties) du corps d'une femme enceinte gonflée et je serai plus étonné).

Il y a donc des photos de moi. Il me fallait vous les montrer. *schling*

(J'vous dis à l'avance qu'il est impossible d'aligner le texte avec les photos, alors pardonnez-moi si ça n'a aucun sens. Bon, si vous lisez, vous m'aviez déjà pardonné pire).



Moi et Wassila. Elle ne porte pas son décolleté habituel. Zut.

Wassila avec l'inébranlable Nadir.

Crisse chu bin.Nawel et moi. Nous verrons ses fesses plus tard.

Un piiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitouuuuuuuuuuuu!!!!!!

Kin. Les v'là.

La Méditérranée laisse une traînée d'ordures à la marée basse. Heureusement, je suis dans la photo, alors elle est belle. *schling*

Charmante, cette mer.

*schling*C'est vaste une mère. En toute sincérité, c'était la deuxième fois que j'étais sur un bord de mer (Parlee Beach, N.B. en 1994 a été la première. Mouaip. Chu mondain). Ça a l'air que les vagues viennent parfois un peu plus loin. Mouaip. Chu niaiseux.

La supposée femme enceinte. Je crois que la légende a changé depuis ma visite et ils l'appellent maintenant «le torse canadien».Doum-ti-doum-doum-doum...

Yaaaaaayyyyy!! Une ROCHE!!!!!!!!!!!Zinou, un photographe de renommée mondiale. C'est une des TRÈS rares fois qu'il a réussi à sortir d'un complet.

Un Très Grand Comédien algérien. Il nous sortait un soliloque sur la communication entre les sardines et les bananes sur le gril. Sa gang le trouvait brillant. Messembre que ç'aurait été plus approprié de remarquer lubriquement qu'il y avait des objets phalliques juxtaposés aux arômes de poisson. M'entéka. Je ne comprends pas encore l'humour algérien.

Juste pour prouver que j'ai rencontré un Très Grand Comédien. Il revenait de Montréal d'ailleurs (TNM pendant deux mois. Il a adoré). Canadien fier. *schling*

samedi 3 janvier 2009

Vidéo!!!!!!!

Retour du blogue

Ééééélo,

Ça fait deux semaines que je n'ai pas trop le goût d'écrire des banalités scatophiles sur ce medium. Toutefois, j'ai reçu mon adaptateur de caméra avant-hier, ce qui va me permettre de faire des réalisations audiovisuelles tout à fait délicieuses (Samia manie mieux l'appareil que moi. *rougissements*). Bref, il y aura de nouvelles histoires sous peu.

(...j'ai aussi réussi à enfin obtenir mon certificat médical, obligatoire ici pour m'abonner à un gym. Crisse. Vous verrez sur le vidéo pourquoi c'était devenu urgent. Je fais ça assouère au lieu d'aller à mes leçons d'arabe).

Bonne 2009!!

Éric