mardi 9 décembre 2008

Mon premier mois à Alger en quelques lignes

Mettons que j'ai une tonne d'histoires récentes qui sont plusses intéressantes que de parler de tennis avec un blondinet mèché de Brisbane. Donc : j'ai joué au tennis avec un blondinet mèché de Brisbane (et avec un informaticien aux mains propres - oui oui, et il puait à peine! - au nom de Lan qui s'est joint à nous quelques semaines plus tard). Et voilà le résumé de mon premier mois.









...devinez qui était le photographe et à qui appartient ce fessier ma foi tout à fait chétif et affalé.

Ah, une autre photo. Mon Australien a découvert un resto et il insistait d'y retourner à chaque opportunité. Ça coûtait aussi cher qu'à l'hôtel, alors j'y allais même si je trouvais que la bouffe n'était que correcte. Voici mon entrée frite habituelle :


Et trois de nos collègues se sont louées une villa sur le bord de la mer. Un PALAIS! Elles ont pendu la crémaillère :


ET, j'ai passé un jeudi matin au souk. Imaginez un parc industriel de la taille de dix terrains de football REMPLI de voitures d'occasion mises en vente par des entremetteurs édentés. Il n'y avait presque pas de place pour circuler et j'étais le seul blond dans la place (en plus de porter un chandail jaune éclatant. ET que j'avais quelques centaines de piâsses dans mes poches. ET une caméra que je me devais de sortir. Mouaip, chu brillant). Assez hotte comme expérience. Mettons qu'il n'y avait pas de toilettes publiques...

Bon, on va commencer à écrire des choses plus intéressantes. Y'était temps.

lundi 8 décembre 2008

L'histoire de ma vie sexuelle vanille en une image


...et on se demande pourquoi j'ai viré kinky.
www.xkcd.com. Allez voir les archives. Un site à mettre dans vos favoris.

L'Aïd - suite

Ça s'avère que mon voyage à Oran est annulé. Je passe donc l'Aïd, une célébration en famille pour tous les Algériens, en solitude. Ça ne me dérange nullement, mais il y a des particuliarités.

En premier lieu, j'ai fêté hier soir (avec des amis qui se sont lubrifiés le cerveau au Champagne. Une chance que j'écoutais mon football à ce moment-là et que j'étais seulement sur la Carlsberg de ma très délicieuse copine). Le réveil aurait été pénible en temps normal, mais ce matin l'appel à la prière n'était pas la petite épreuve habituelle de cinq minutes d'ullulements plaintives à Allah (les mosquées font jouer l'enregistrement d'un mec qui appèle les croyants à la prière. À l'aube. Et cinq autres fois par jour. Arg). À l'Aïd, ça a duré un gros 90 minutes et tous les hommes qui vont s'improviser bouchers doivent se purifier d'une longue prière pré-massacre. Les Algériens sont gentils, mais, sérieux, l'arabe est la langue la moins sexy au monde et celle qu'on veut le moins entendre à 120 décibels à 6 h 00 quand on a la gueule de bois.

De plus, ma caméra vient de manquer de jus et j'ai oublié l'adaptateur pour la recharger à Varennes (vous vous demandez sans doute comment j'ai pu me bâtir une lucrative carrière de financier professionnel avec une tête de linotte comme la mienne. Ne sous-estimez jamais l'impact d'une grande gueule et d'un joli fessier), mais il me FAUT trouver un moyen de vous montrer ce que je vois. Le sang coule dans les rues. Je ne niaise pas. IL Y A DU SANG DANS LES RUES!!!!!!!!!!!!! BEAUCOUP de sang.

Et les arômes! Avoir éviscéré le sacrifié, selon ce qu'on me dit, on doit enlever la peau. Ce qu'à dit Jean Leloup dans sa chanson «Alger» :

«L'Aïd on tue le mouton
Il y a du sang sur les balcons
Après pour enlever la peau
On gonfle avec la pompe à vélo»

...reflète exactement ce qu'on fait. On détache un bout de peau avec un bâton et on insère la hose de la pompe. Ensuite on gonfle et on détache. Certains vont jeter la peau (aux poubelles. Dans la rue. Ça a l'air que c'est un véritable FESTIN pour les chats de la ville et que je vais voir des bouts de moutons traînant sur les trottoirs pour quelques jours), d'autres les met dans des sacs POUR LES FAIRE POURRIR, question de pouvoir mieux recueillir la laine dans un mois.

Môôôôôôman.

M'entéka, l'autre chose, c'est qu'on brûle la tête du mouton pour enlever la laine et ensuite la faire bouillir et la manger. Je suis descendu faire des petites course et j'ai remarqué que la ville en entier est enduite d'un arôme combinant la laine brûlée et le sang qui m'était inconnu. C'est tout à fait unique et totalement répugnant. Je passe donc la journée dans mon appartement avec les fenêtres fermées.

...et j'écris. J'ose espérer pouvoir prendre des clichés avant que le sang ne disparaisse.

vendredi 5 décembre 2008

La recherche d'un appartement

Mes premiers jours en Algérie furent passés à m'accoutumer et à, surtout, trouver mon propre endroit où habiter, question de quitter l'hôtel qui me coûtait une fortune. J'ai pris des vidéos de certaines visites (lorsque je me souvenais d'emporter ma caméra avec moi. Mes oublis fréquents viennent appuyer les effets néfastes de fumer la cigarette lorsqu'on est enceinte. Ce commentaire vise ma mère et je profite de faire une correction pressante : ma maman a 62 ANS, ET NON 63. Voilà. Ça explique un peu plusse sa pitounitude) que j'inclus pour vous. Oui, je filmais majoritairement les planchers. Dillez avec. Gnan.

C'est traumatisant d'entendre sa propre voix. Surtout avec son accent québécois qu'il tente de cacher, manifestement sans trop de succès.

...et c'est à vous de deviner lequel des apparts j'ai choisi. Heureusement, j'avais ma caméra pour celui-là.

(Aussi, à une des visites, on y voit très brièvement Mon Australien et un des rares hommes éfféminés de la ville. Il est traiteur. Y'a des choses qui sont universelles).





L'Aïd

Bien que je tentais de me rattraper dans mes histoires, je dois écrire un feuilleton qui porte sur ce qui se passe en ce moment, car c'est gros.

Bien sûr, il n'y a pas de Noël dans un pays Musulman. Plutôt, une grosse fête religieuse qui aura lieu lundi est appelée l'«Aïd» (officiellement, «aïd» veut dire «fête» et il y en a deux à chaque année. Celle-ci est ensanglantée). Chaque famille qui peut se le permettre doit acheter un animal approuvé (habituellement un mouton, mais Allah préfère les chameaux) et l'égorger, pour rappeler le quasi-sacrifice d'Abraham de son fils (selon mon chauffeur de taxi, un mouton s'est pointé sur la montagne juste avant le filicide, donc on présume que Dieu exige un sacrifice, alors autant le faire à un mouton plutôt qu'à nos enfants. Wikipedia n'a rien de très explicite, alors je me fie à l'interprétation d'un taxieux par pure paresse).

M'entéka. Un peu partout dans la ville on peut voir des moutons (ainsi qu'au moins un chameau qui bloquait une rue déjà bondée dans laquelle j'étais prise en taxi). C'est tout à fait rigolo de voir des boucs enchaînés à des murs d'édifices en bêton en pleine ville. Mettons que depuis deux mois je sentais que je vivais à Tétraultville, mais en moins puante jusqu'à ce que cette image en fasse la distinction.

La journée de l'Aïd est marquée par des flots de sang, les cris de moutons et l'arôme de la mort qui recouvre Alger. Les familles se regroupent et un homme qui a lu le Coran et qui connait tous les versets va prendre le couteau et égorgera la bête. Par la suite, on la suspend la tête en bas pour qu'elle se dévide de son sang et on l'éviscère. La famille garde les trippes et la tête (oh que oui. La tête. Avec les yeux. Un délice. J'niaise pas) et donne la VIANDE aux pauvres.

Bref, j'avais pensé au premier abord que c'était une bonne excuse pour faire un méchoui et fêter, mais pas pantoute.

Le Canadien va donc quitter la ville (à vrai dire, il était curieux de voir comment ça se passerait, mais il a été invité) pour aller à la maison d'été de la délicieuse et décolletée Wassila sur une ville à l'ouest d'Oran. Il y aura de plus amples explications sur les personnages actuels de ma vie dans des futurs feuilletons (les choses vont bieeeeeeeenn :D), mais mettons que je vais passer quatre jours sur la plage avec deux canons (trad. : pitounes). Bon, y'ont invité d'autres mecs aujourd'hui, mais puisque je vais conduire, je m'arrangerai pour les perdre à mi-chemin avec l'hôtesse (la seule qui sait où on va) à mon côté droit.

mardi 2 décembre 2008

Impressions d'Alger

Bon. Puisqu'on m'a quémandé un feuilleton pour passer outre les photos d'une chienne qui n'est pas la mienne et que je ne trouvais pas une ligne directrice à celui-ci, ce sera en point-form :

- Alger est construit comme un amphithéâtre autour de la Baie d'Alger. De loin, la vue est INCROYABLEMENT débile (mais, bon, puisque Montréal offre la belle vue des tours à bureaux à partir du Pont Champlain, 'faut croire que le point de repère du petit Canadien est relatif). L'hôtel m'a permis de me réveiller les matins et de l'apprécier. C'est quelque chose que l'Algérois moyen ne verra jamais et j'en suis conscient.



(J'ai appris que j'ai à affûter mes talents de caméraman. Oui, je le sais).

- De près, les rues sont sales, en serpentin et étroites et pleines de voitures. Ces voitures contiennent toutes QU'UNE SEULE personne et, donc, la circulation est bloquée dans toutes les directions. Lorsqu'une bulle d'air est crée, le plus fort doit s'y immiscer (c'est un peu comme quand tu te fais ami avec la pétasse hotte du groupe qui a un chomme abusif et que tu n'attends que son bris, question de «combler le vide» ou de «boucher le trou». Bref, «d'insérer ton pénis dans son vide». Oui, tout revient au sexe. Et alors?).

- Toutes mes conceptions des imbéciles sur la rue UniversitY se sont dissipées (vous voyez? le premier feuilleton avait un but au-delà de dire des conneries vagues) et, après avoir voyagé avec Monsieur Lyes - un de nos chauffeurs - j'ai de l'empathie pour mes anciennes copines qui, uninanimement, m'ont dit que je chauffe comme une personne atteinte du syndrome de Tourette particulièrement frustrée qui s'actualise de par sa conduite. Oui oui, je l'avoue. Z'êtes contentes??

- J'ai fait l'exercice de faire le décompte du ratio femmes voilées/femmes non-voilées dans les rues. C'est 75/25, et non pas 50/50 comme dans la littérature. Je n'étais pas choqué par ce fait, mais vous allez lire dans des futurs feuilletons combien cette simple statistique reflète une société qui me brusque profondément. Mettons que la Femme d'ici se doit de ne pas être la fameuse Pute tant reniée qui, étrangement, dans 97 % des définitions présentées par les hommes algériens, décrivent ma femme idéale (ça va au-delà du sexe mes amis. Attendez de lire).

- J'ai de la grosse misère à vouvoyer le monde. Je savais en rentrant que ce me serait difficile, et j'ai appris que je suis typiquement québécois de fond en comble. J'en aurais été insulté il y a deux mois, mais j'en suis profondément fier maintenant.

- Il y a eu des bombes kamikazes qui ont fait sauter des ministères algériens l'année dernière. Je travaille dans les ministères. Lorsque mes collègues chignent d'irritation aiguë sur le fait qu'un agent d'apparence autrement blasée nous oblige d'arrêter cinq secondes afin d'ouvrir et aussitôt refermer le coffre pourtant bondé de sacs, je les reprends vite et je reste loin des fenêtres avec vue sur le stationnement.

- Les plus jolies Algéroises portent le voile. Ça a pris quelques semaines avant de développer cette hypothèse (qui restera sans doute non-confirmée, car le Loup s'est fait une copine qui ne le porte pas et elle fait augmenter l'influence de l'hypothèse statistiquement neutre) mais môôôzzus, l'imagination masculine a de la portée parfois.

- Les Algériens sont les personnes les plus accueuillantes de la planète. Presque sans exception, on veut TELLEMENT que les étrangers aiment ce pays pour lequel on a déversé tellement de sang et de larmes qu'on va aller TRÈS loin pour démontrer l'hospitalité du pays.

- TOUS les Algérois connaissent quelqu'un à Montréal. À mon souvenir, j'ai connu une TONNE de Marocains, et quelques Tunisiens, mais j'ai connu UNE Algérienne (en plus des moults chauffeurs de taxi d'apparence frustrée). Sérieux, je ne sais pas comment réagir. Ils semblent penser que les Algériens pullulent chez moi, mais je ne peux pas confirmer que j'aie rencontré le «cousin Tarek, célibataire perpétuel, tsé celui avec la verrue mauve sur le nez».

Bon bref, voilà les premières impressions. On approfondira après des histoires sur le tennis et comment l'appel à la prière affecte sa logistique ainsi que le coût de la vie.

All this and more, right after these commercial messages.

lundi 1 décembre 2008